Phylloxéra et vignes de l’Ain

Ce phylloxéra arrive pour la première fois dans le vignes de Montfleur en 1879

Son cycle de développement est complexe, sournois on peut dire.

Cet insecte, semblable à un petit moucheron, qui lentement conduit la vigne à sa disparition.

Tout semble se jouer dans le monde caché des racines avec des insectes femelles qui produisent des œufs sans l’intervention du mâle, par parthénogenèse.

Les galles des feuilles de vigne abritent des œufs et des larves du Phylloxéra. Les larves subissent 4 mues qui conduisent à un phylloxéra femelle aptère, ce dernier continue le cycle de reproduction, la ponte peut aller jusqu’à 600 œufs, sur le feuillage plusieurs générations sont installées. L’augmentation du nombre de galles entraîne la diminution de l’activité photosynthétique des feuilles. C’est le stade phylloxéra gallicole.

Certaines femelles aptères issues d’une galle du feuillage descendent en direction des racines où elles pondent 40 à une centaine d’oeufs. C’est le stade néogallicole-radicicole. De la même façon il y a un cycle continue des générations de phylloxéra, c’est le stade radicicole. Les racines réagissent en développant des nodosités. La surface de la racine est bosselée . Les larves de première génération après une hibernation subissent des mues, les nymphes donnent des phylloxéras aptères femelles qui se nourrissent de la sève nouvellement formée des radicelles à l’aide de leur rostre piqueur-suceur. Un manque de sève assèche la vigne qui s’étale lentement sur quelques trois années. En été, certaines larves deviennent des nymphes qui donnent naissance à des Phylloxéras ailés, ils permettent ainsi un déplacement et une colonisation d’autres ceps dans d’autres régions.

Finie la parthénogenèse, ailés les phylloxéras femelles s’installent sur le feuillage pondent des œufs sexués qui donneront des Phylloxéras mâles et femelles ailés, après une vie brève d’accouplement, la femelle pond un œuf d’hiver qui sera l’origine de la première galle sur la feuille de vigne.

www.vignevin-sudouest.com

www.dico-du-vin.com

www.ephytia.inra.fr

Le vignoble du Jura de S.Boulanger Presses universitaires

Il se nomme Phylloxera vastatrix ou selon la nomenclature moderne Daktulosphaira vitifoliae

Mérignat ses maisons de vignerons

L’habitat typique du vignoble est la Maison à cellier, originaire du midi (Le Vignoble du Jura du sud par S. Boulanger ). Il reste quelques exemplaires, comme à Mérignat.

L’habitation est à l’étage et l’exploitation au rez-de-chaussée. La particularité est l’escalier extérieur, en pierre, il donne accès à un petit balcon où s’ouvre la porte d’entrée de l ‘habitation. Le balcon est soutenu par un mur en pierre, il est protégé des intempéries par le auvent, un prolongement du toit, qui s’appuie sur des poutres en triangle. Il manque la rampe en fer forgé ou pleine.Un grenier est  sous le toit et s’ouvre à l’extérieur par petite fenêtre fait fonction de grange. Il reste parfois le balconnet où le foin était étalé, il manque la poulie pour remonter le foin.

Au-dessous du balcon s’ouvre le cellier par une porte voûtée, c’est la partir où se fabrique le vin, avec la présence des cuves et d’un pressoir. Vers le départ de l’escalier , une deuxième porte conduit à la cave, lieu ou se fabrique le vin, et lieu de rangement des outils de la vigne, l’aération se fait par une lucarne.

Ces maisons en pierre, solides ont été rendu confortables, agrandissement des fenêtres, grenier transformé en chambre mansardée, fenêtres agrandies, ouverture du cellier en porte vitrée…..

La roche calcaire est toujours présence avec son caractère massif, son débit en plaques autour des jardins.

Les vignes sont en îlots, adossées au flanc calco-marneux entre une végétation qui a repris ses droits.

Les feuilles mortes révèlent les deux cépages, le POULSARD aux feuilles découpées en lobes séparés par des sinus  profonds et un sinus pétiolaire  ouvert en U, le GAMAY aux feuilles orbiculaires à 5 lobes et un sinus pétiolaire en V. !!!!en espérant une bonne détermination.

 

De Poncin à Cerdon

Les vignobles allient le sous-sol, le climat, le sol, la botanique, les insectes, les champignons,les bactéries, et le travail de l’ homme.

De Poncin à Cerdon les vignes sont installées sur le faisceau lédonien jurassien, un ensemble de terrains plissés et fracturés appartenant au Jura méridional.

Les maisons de vigneron, les chapelles celle de La Cueille, de Leymia, construites en pierre de taille rappelle cette mer profonde qui recouvrait la région au jurassique (soit l’ère secondaire, époque des dinosaures) de 205 millions d’années à 130 (150 MA)millions d’années, sous un climat tropical. Dans cette mer profonde, calme s’est déposées des mètres de calcaire sublithographique voir lithographique.

La mer se retire, laissant l’érosion faire les attaques de dissolution de la roche calcaire et ne laissant aucune trace du crétacé, soit la fin du secondaire, qui se détecte sur les collines de Ménestruel.

Le massif calcaire du Cerdon est karstique, l’eau souterraine dissout la roche et crée un réseau de grottes, Les eaux se rassemblent pour donner naissance au Veyron, il entaille transversalement les roches calcaires pour arriver dans la plaine de Leymiat et il se jette dans l’Ain au lieu dit « la Queue du Veyron ».

Le paysage révèle la suite des événements, les couches sont surélevées, plissées accompagnées de nombreuses failles de direction NNE-SSW, au moment de la surrection des Alpes, débutant il y a quelques 130 MA d’années.

Rocher de St Alban culmine à 562 m. il domine le Veyron, Le mont Carmier Cerdon, les Balmettes à Leymiat

La région subit un refroidissement comme en témoignent les dépôts fluvio-glaciaires qui contrastent avec les roches massives calcaires, ce sont les restes du glacier alpin, dont les langues glaciaires se terminent sur Hautecourt, Cize, lors de la glaciation du Riss il y a de -300 000 à – 120 000 ans.

Les eaux de fonte entraînant des blocs ont été déposées dans le lit duVeyron et de l ‘Ain ou des combes comme celle du combet Fanjot, et se sont étalées dans les plaine de Champeillon, de Leymiat, de Poncin, ou accumulées en balmettes les Balmettes de Leymiat.Ce sont des conglomérats solidifiés dans une gangue utilisés pour l’installation du château de la Cueille, de Poncin,ou actuellement des maisons de Leymiat.

Le massif calcaire est colonisé par une chênaie-charmaie puis des vignes. Les conglomérats ont facilités l ‘installation de château, villages.

La Cueille Chênaie-charmaie

Chênaie-charmaie à chêne pubescent sur le sentier de La Cueille

Cette Chênaie se dévoile juste après la plantation de Pin noir d’Autriche, Pinus nigra.

Le sentier : Les Roches part du château de la Cueille et longe la crête passant d’une altitude de 342 m à 571 m. dominant la rivière d’Ain.

Les gorges de la rivière sont creusées dans le calcaire jurassique (Oxfordien) : un calcaire sub-lithographique, avec quelques bancs de calcaire marneux déposé dans une mer profonde et chaude, il y a quelques de -225 MA à -130 MA. La mer se retire, il y a quelques -65 millions d’années et les dépôts calcaires épais subissent l’érosion, et vers – 54 millions d’années, pendant le tertiaire, le soulèvement des Alpes plisse et fracture ces strates de calcaires, c’est la naissance du Jura. Ce Jura méridional surplombe l’effondrement de la Bresse.

Sur ce calcaire massif, mise en évidence par le soulèvement des Alpes, s’installe une végétation xérothermophile, une végétation à tendance méditerranéenne très typique.

Les pentes en direction de la rive gauche de la rivière d’ Ain, de 350m à 250 m sont colonisées par le Buis toujours vert, Buxus sempervirens L., accompagné du Charme Carpinus betulus L., et du Chêne pubescent, Quercus pubescens Willd. Ce dernier caractérise les stations chaudes les terrains calcaires. Il est xérothermophile. Souvent il est remplacé par une plantation de vignes. Les feuilles ont une face inférieure aux poils mous de même les jeunes rameaux, les lobes sont ondulés il est adapté à la sécheresse, et supporte le gel, son feuillage est marcescent, il persiste l ‘hiver. Le Laser siler ou Sermontain, Laserpitium siler L.forme des bordures, plante xérophile, indicatrice du sol calcaire, apparaît à partir de 500 m, et Centaurée, Centaurea jacea L., la Sarriette à feuilles de menthe ,Calamintha menthifolia Host. L’atteinte des Buis par la pyrale, réduits à des squelettes (papillon chinois) permet de contempler la rivière, le barrage de l’Allement.

Le Chêne sessile, Quercus sessiliflora, avec le Charme, Carpinus betulus représente la strate arborescente, accompagnée d’un cortège d’arbustes thermophiles et aimant les terrains calcaires : Genévrier Juniperus communis, Viorne lantane, ou V.mancienne, Viburnum lantana L., Prunier de Sainte-Lucie, ou Bois de Ste Lucie, Prunus mahaleb, Coronille émérus, Hippocrepis emerus (L.) Lassen, Cornouiller sanguin Cornus sanguinea,au feuillage rouge cuivré lors d’une arrière saison chaude, Troène commun, Ligustrum vulgare L. , Alisier blanc, Sorbus aria (L.) Crantz, indicateur de sécheresse, Poirier sauvage, Pyrus pyraster Burgsd., Sorbier des oiseleurs, Sorbus aucuparia L., Clématite blanche, Clematis vitalba L., Noisetier, Corylus avellana L., Érable commun, Acer campestre, Érable à feuilles d’obier, Acer opalus Mill., indiquant une altitude de 500 m, Camérisier ou Chèvrefeuille des haies, Lonicera xylosteum L., Aigremoine eupatoire, Agrimonia eupatoria L.,Daphne lauréole, Laurier des bois, Daphne laureola L., espèce sub-méditerranénne, des bouquets de fougères thermophiles, Polystic à dents sétacées, Polystichum setiferum (Forssk.) Woyn., , Solidage verge d’or, Solidago virgaurea L. qui caractérise un boisement calcicole pauvre en calcaire actif, voir présence dans les chênaies acidophiles. .

 

 

 

 La présence de marne et calcaire marneux sur un milieu humide se manifeste par la présence de Succise des prés, Succisa pratensis Moench, la Molinie, Molinia arundinacea Schrank, Garance voyageuse, Rubia peregrina L., Nerprun purgatif , Rhamnus cathartica L., Peuplier tremble, Populus tremula L.

Cette Chênaie-Charmaie à Chêne pubescent sans valeur économique est reboisée en Pin noir, ou cultivée en vigne si l’exposition est bonne. Ce qui se passe à La Cueille.

Le Château de La Cueille appartenait à un grand domaine, appelé le « Clos du château », entouré d ‘un mur en pierre de taille, et l’accès se faisait par deux portails en fer forgé. 100 hectares de vignobles s’étendaient sur une pente à 60%, sur un calcaire sub-lithographique. En 1870 le vignoble fut atteint du phylloxéra. Les ceps malades furent détruits et replantés par des Pins noirs, Pins noirs d’Autriche. En 2012, le propriétaire du château vend 5 hectares du « clos du château à un viticulteur, Pierre Boitex. Les pins noirs sont extraits du terrain et la vigne plantée (Le Progrès 20 mars 2015).

Les étangs et son cortège floristique

Les étangs de la Dombes et leur cortège floristique

Une impression de nature intacte

Une nature façonnée par l ‘homme

il y 20 000ans en se retirant les glaciers alpins laissent un relief de creux et de bosses en laissant des moraines et des cailloutis glaciaires. Pendant le réchauffement le vent apporte un limon calcaire très fin, le loess, et puis le climat devient humide, la pluie lessive et décalcifie le loess qui se transforme en lehm, une terre argileuse, blanche, un véritable béton. Dans les multiples dépressions devenues marécageuses, les leschères poussent des herbes coupantes, les carex ou laîches appelés en Dombes « Cariots » du latin cariosus signifiant pourri. De ces leschères font naître les 1000 étangs. En 1930 Marguerite d’Oingt épouse d’Humbert V de Beaujeu, fondatrice de la Chartreuse de Polleins sur l’actuelle commune de Mionnay fait évoluer les leschères en étangs pour élever du poisson tout en respectant les règles d’abstinence de l’église. Ils sont alimentés par l’eau de pluie , ils sont en communication les uns avec les autres, la profondeur ne dépasse pas le mètre 50.

Le travail de ces étangs considérés comme des terres cultivées se résume par deux mots évolage et assec . Pendant deux ans, la terre est « cultivée en eau et semée de poissons » c’est l’ évolage. Après la pêche pendant une année la terre est mise en culture avoine, ou laissée aux herbes sauvages, c’est l‘assec. L’ évolage peut durer plus longtemps au détriment de l’assec, mais ce dernier est indispensable pour la désinfecter sous le soleil.

Les étangs issus des leschères se reconnaissent à leur contour

Une flore au rythme de l’évolage et de l’assec.

Sur l’eau et dans l’eau pendant l’ évolage les hydrophytes

Ce sont des plantes qui ne peuvent se passer d’eau, bien qu’appartement à des familles différentes elles partagent les mêmes caractéristiques, des convergences de formes.

Hors de l’eau, l’appareil végétatif devient flasque, car le parenchyme n’a pas de tissu de soutien et possède de nombreuses lacunes aérifères où s’accumulent l’oxygène de la photosynthèse ou le dioxyde de carbone, le tissu conducteur est réduit, le système racinaire inexistant, les feuilles laciniées assurent la flottaison, les fleurs sont protégées par une spathe, un étui étanche qui s’ouvre hors de l’eau. Elle pratiquent la multiplication végétative, soit un bourgeon terminal, l ‘hibernacle se gorge de réserve , s’alourdit et tombe dans la vase et attend les meilleures conditions de vie pour se développer, soit un rhizome riche en substances nutritives.

Sur l’eau les feuilles sont vernissées, ont une forme arrondies pour prendre contact avec l ‘eau, une face supérieure vernissée. Les stomates sont localisés à la face inférieure. La floraison est hors de l’eau.

Sur les grèves, dans l’étang en assec sont adaptés les Hélophytes. Le cycle de végétation est très court, les fruits et les rhizomes font des séjour très long dans la vase, l’asséchement les réveillent. Ils sont le témoin d’une culture originale. C’est le cortège de la « fleur de béton ».

L’étang est ceinturé par des hélophytes, qui vivent en groupe et formant les Roselières installées dans la zone de balancement des eaux. Les tiges souterraines tissent une trame solide retenant les sédiments et qui progressent vers le centre, et sans intervention de l’homme l’étang est étouffé, c’est l‘atterrissement.

Pour découvrir l’organisation de l’étang s’impose

La partie la plus profonde de ‘étang se repère par le thou, une construction en béton, initialement en bois, le thou permet la fermeture, la vidange de l’étang selon les besoins. Le thou est situé sur une digue  étanche, la chaussée. Au moment de l’assec serpente un fossé plus ou moins rempli d’eau, le bief, il représente la ligne la plus basse de l’étang.  Devant le thou une cuvette profonde remplie d’eau même au moment de l’assec , la pêcherie, de 10 sur 20 mètres. dans certains étangs en assec les tiges de maïs sont visibles.

La grève des étang en eau est ourlée d’une bande verte du Carex bohemica.

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Les étang en évolage avec les casiers d’alevinage.

Caractéristique d’un étang type le Grand Turlet.

Le lehm où poussent les plantes hélophytes les plus caractéristiques.

Le Lotier velu des étangs de la Dombes, son histoire

Le Lotier de la Dombes, un Lotier adapté à l ‘évolage et à l’assec

Un mystère autour du Lotier de la Dombes

Le Lotier de la Dombes a été souvent appelé Lotier velu, Lotier des marais en botanique il correspond à Lotus Uliginosus Schkuhr. et actuellement Lotus pedunculatus Cav. Ce n’est pas le Lotier corniculé. Il affectionne les terrains humides, gorgés d’eau pour cette adaptation il se plaît dans les étangs de la Dombes en bordure. Sa graine a besoin d’un séjour dans un sol argileux gorgé d’eau, la période d’évolage lui convient parfaitement, sa germination est déclenchée par l’assec, l’asséchement de l’étang principalement après le labours qui apporte de l’oxygène.

La première exploitation de cette graine a été réalisée à Chalamont où les exploitants se seraient enrichies!!!!puis cette spéculation s’est étendue à l ‘ensemble de la Dombes. La récolte des graines se faisait fin juillet. (A. Chevassus 1930)

Cette histoire de l’utilisation du Lotier velu de la Dombes a soulevé de nombreuses questions, vente, utilisations, déclarations….

En 1930 le Préfet de l’Ain envoie un courrier au Ministre de l’Agriculture

a la suite de réclamations qui me sont parvenues au sujet de la cueillette et de la vente du lotier des marais dans mon département …. je vous fait part des hypothèses de l’utilisation du lotier…… fabrication de matières colorantes, fabrication de la bière donnant l’amertume, vente de la graine à la place du lotier corniculé (explication la plus plauxible) , utilisation de la fabrication des gaz asphyxiants….

Le ministre répond …..elles ne peuvent être confondues avec les graines du Lotier corniculé parce que de couleur verte et non brune et beaucoup plus petites…..Quand à leur utilisation possible dans la fabrication des gaz asphyxiants il s’agit là d’une légende qui s’est formée pendant la guerre …….les graine de Lotier des maras récoltées dans les terres humides des Dombes sur des plantes venues à l’état spontané se vendent actuellement 30 à 40 francs le kilogramme pris sur place.

(Archives de l’Ain 1930)

Le Lotier corniculé Lotus corniculatus est cependant une excellente plante fourragère.

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Milano,

« Bosco verticale » de Milan dans le quartier Porta Nuova 

 

Deux tours ornées d’arbres pour apporter de la verdure aux hommes des villes, à découvrir à la sortie de la gare Garibaldi.

L’architecte Stefano Boeri avec la participation de botanistes et d’horticulteurs a intégré à deux tours verticales, l’une de 110 m et 26 étages et l’ autre 76 m et 18 étages un ensemble végétale donnant l’impression d’une forêt verticale : 90 espèces , 711 arbres 5600 arbustes au total 15000 plantes. C’est une véritable biodiversité verticale.

Le choix des végétaux est fonction de leur adaptation et de leur situation par rapport au soleil, et de l’ étage. C’est le travail des botanistes qui s’associent aux architectes.

Il obtient Prix international Highrise Award 2014

(www.bactiactu.com)

Potajo

Potajo  le 12/04/2017 (annie-claude bolomier)

“….le jardin un lieu où l’on se sente en accord avec le monde et avec soi-même”C.Colleu-Dumond directrice du domaine de Chaumont-sur-Loire.

Cultiver son jardin relance l’envie de vivre… on oublie les problèmes de la vie…

Arbres et arbustes

Aucuba,  Aucuba japonica ‘Variegata’
Arbuste aux feuilles densément tachées de jaune, ce 12 avril 2017 offre des grappes de petites fleurs rougeâtres aux extrémités qui seront suivies de fruits rouges à l’automne. Cependant ce massif est menacé par le lierre, Hedera helix.

Plaqueminier lotier,  Diospyros lotus
Ce bel arbre se trouve en double exemplaire, il donne un bel ombrage pour le repos des jardiniers. Les feuilles sont douces et ovales et alternes, les fruits semblables à de petites cerises jaunes à l’automne laisse plaqués sue les branches les sépales, ce qui permet le repérage. Il est voisin du Kaki. Les fruits se mangent après les gelées. Le 17/05/2017 les boutons floraux  apparaissent peu spectaculaires.

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Sorbier des oiseaux,  Sorbus aucuparia
Cet arbre d’ornement fleurit abondamment avril mai, des magnifiques de corymbes de fleurs blanches odorantes et mellifères. En automne apparaîtront des fruits rouge orangé décoratifs. IL a une écorce gris clair avec des lenticelles blanches. Il est étouffé par un tronc énorme de Lierre, il est condamné à disparaître. Sectionné à la base, ce lierre déperrit, mais hélas très haut subsistent branches enlacées et feuilles mortes. Un travail inachevé, mais le 17/05/2017, la jeunesse qui profite de ce bel espace de verdure, les jardins côté Saône est venue à son secours, perchée entre deux solides branches le reste du lierre est arraché, et  tombe à terre, le Sorbier revit.

 

Érable negundo ,  Acer negundo
Cet Érable d’Amérique du nord pourrait montrer sa haute silhouette et donner une ombre agréable mais il est étouffé par une masse de lierre qui tente à sa disparition.

Chèvrefeuille toujours vert,  Lonicera pileata Oliv.,  
Cet arbuste est très présent dans les haies des jardins,des parcs, agréable pour son feuillage abondant et persistant, les feuilles d’un vert luisant ne dépassent pas cm. Au printemps apparaissent des fleurs petites jaune pâle géminées. Les coupes successives suppriment la floraison. Parfois devient spontané. Très fréquent dans les jardins . Il est originaire de Chine occidentale. il a peut être un avenir pour remplacer le buis attaqué par le papillon de nuit venu de Chine

 

Le micocoulier, Celtis 

 

Les herbes aromatiques pour des infusions bienfaisantes

Menthe marocaine,  Mentha spicata var.spicata

Elle est la menthe du traditionnel thé à la menthe, sa saveur est peu mentholée ce qui la rend agréable au goût. Les feuilles sont gaufrées, crispées. La tige fortement carrée et rouge. Elle demande peu d’eau, elle a le défaut de s’étendre avec ses rhizomes et d’envahir le jardin. Pour une infusion il faut prendre les feuilles avant la floraison. Elle est apéritive, digestive,  tonique, rafraîchissante. Les feuilles sèches conservent leur parfum et sont utilisées en tisane. On prépare le célèbre thé à la menthe.

 

Ciboulette,   Allium schoenoprasum
Cette ciboulette décore quand on lui laisse le temps de fleurir. Les feuilles d’un vert foncé sont cylindriques, elles sont juteuses Elles diffusent une odeur fraîche de « ciboulette ». Elle est apéritive, digestive.

Mélisse officinale,  Melissa officinalis
Elle est aussi la Citronnelle, le piment des abeilles car les fleurs attirent les abeilles.  Les feuilles vertes duveteuses en dessous exhalent un parfum citronné. Il faut récolter les feuilles avant floraison pour ne pas altérer son parfum. Il est préférable de faire des infusions avec des feuilles fraîches. Elle est relaxante, calmante, soulage les troubles du sommeil. Elle entre dans la composition de l’eau des Carmes. Posologie selon J.Fleurentin les plantes qui guérissent, 1 g à 2,5 g de feuilles sèches par tasse à boire. L’usage de la mélisse est transmisse aux européens par la médecine arabo-persane.

Camomille vraie,   Matricaria chamomilla

Petites rosettes de feuilles découpées plaquées sur le sol donneront des fleurs de Camomille bonnes pour la digestion.

Céleri à découper,  Apium graveolens var. secalinum
Cette plante est bisannuelle, les feuilles vertes pennées sont tendres. Elle est diurétique et détoxifiante. Un seul plant, le céleri aime l’eau.

Fenouil,  et Fenouil bronze, Foeniculum vulgare 

Un magnifique pied de fenouil avec une touffe de feuilles finement découpées, ces dernières froissées diffusent un parfum anisé. Il est apéritif, soulage les voies respiratoires. Il y a aussi un fenouil bronze Foeniculum vulgare ‘ Purpureum’ aux feuilles moins parfumées, la tisane en est plus délicate.  A l’automne il faut rabattre les tige à  25 cm du sol. Les feuilles fraîches ou sèches sont utilisées en tisane, aux propriétés apéritives, digestives,  soulagent les affections des voies respiratoires. Ce sont les fruits qui sont le plus utilisés.Il faut tailler les extrémités pour encourager les feuilles.

Coriandre , Coriandrum sativum
Elle est le Persil arabe ou Persil chinois, ses feuilles ressemblent à celles du Persil plat. Son parfum est atypique, il est apprécié ou détesté!!Les feuilles fraîches en infusion ou crues sont apéritives , riches en vit.C luttent contre la fatigue du printemps. Cueillir les feuilles pour fortifier la plante. Perd son arôme séchée. Laisser la floraison pour obtenir des graines, elle est annuelle.

Verveine citronnelle, Aloysia triphylla
Elle est vivace, petit arbuste qui donne des feuilles allongées robustes, au parfum citronnée. Les feuilles fraîches en infusion exhalent un parfum vivifiant aux propriétés digestives, calmantes. Les feuilles séchées seront les tisanes de l ‘hiver. Elle craint le gel , avant l ‘hiver rabattue et couverte elle peut survivre.

Thym des jardins, Thymus vulgaris
Ce petit arbrisseau a des feuilles ovales dégageant un puissant parfum aromatique. Les feuilles sont persistantes. Couper les tiges au fur à mesure, les feuilles sont prises en infusion, elles sont désinfectantes, soulagent la toux, luttent contre le rhume. Le thym sec conserve son parfum. Le thym citronné apporte une note plus fraîche.

Légumes pour déguster frais

Radis ,   Raphanus sativus

C’est un légume, une racine pivot rouge qui se présente comme rafraîchissant , piquant. Se mange cru. , il est riche en sels minéraux, calcium, en fibres, attention ne pas consommer en cas de sels biliaires. Le 03/05/2017 c’est la fin des radis.

Féves maraîchères,   Vicia fava variété
Les graines grosses , aplaties se mangent crues, elles ont des propriétés nutritionnelles importantes, protéines des glucides, des fibres, des vitamines, des minéraux. Il faut enlever la peau trop riche en tanins. Attention certaines personnes sont allergiques aux fèves. Les Fèves attirent les pucerons, pour s’en débarrasser une pulvérisation d’eau savonneuse (savon noir) .

Petits pois,  Pisum sativum
Les petits pois qui cherchent à s’enrouler sur des piquets, les piquets installées l’enroulement se déclenche. Ils aiment l’humidité, en cas de sécheresse pailler, surtout biner et ramener la terre contre les tiges pour favoriser l’enracinement. Les petits pois se dégustent frais, ils sont un aliment complet, protéines, fibres, glucides, sels minéraux. Apparition des cosses le 22/04/2017 et de nombreuses fleurs blanches autour butinent de nombreuses abeilles.

Fraises

Cachées mais présentes  et délicieuses. Avec leurs longs stolons elles ne demandes qu’à prospérer le long des massifs. Elles sont concurrencées par le Fraisier des Indes, dont les fraises pédonculées et dressées ne sont pas comestibles.

Carottes, Daucus carota 

le 11/05/2017 des belles rangées de carottes font jour. Quel bonheur de voir pousser les carottes, pour en manger il faut travailler : éclaircir, biner.

Vigne

IL est possible de suivre l’apparition des raisons, seront ils bons?le 04/05/2017

Les fleurs non oubliées pour la beauté
Giroflée jaune, Ravenelle, Violier,   Erysimum cheiranthus
Au printemps le massif se couvre de fleurs jaune orangé apportant un petit air de jardin d’autrefois. Avant l’apparition des graines,  il faut rabattre sévèrement mais pas totalement, la giroflée se resème naturellement à partir de tiges fleuries laissées sur le massif.

 

Bergéria en massif et Ancolie

Magnifiques iris 

Lectures botaniques

Le triomphe des graines de Thor Hanson chez Buchet Chastel 

Première publication de Thor Hanson 2014  Then Triumph of Seeds et traduction en français en 2017 par Cécile Leclère

Une excellente traduction, sur le parcours des graines, leur utilité, leurs succès chez les humains et les animaux, leur histoire, un livre passionnant, une vue moderne de la graine, à lire comme un conte.

La graine de Ricin

Chapître XI le parapluie fatal décrit l’action de la ricine contenue dans les graines de ricin, comment elle tue les cellules, ce membre du club des PIR (protéines tuants les ribosomes …….)

L’Almendro

Chapître I Graine d’un jour, Chapître IV les graines se défendent

L’Almendro correspond à Dipterix panamensis un arbre majestueux d’Amérique du Sud. On connaît plus Dipteryx odorata qui donne la fève Tonka. Les fruits à la coque si dure, comme du béton sont croqués par de nombreux animaux. Comment la graine se défend-elle? ….germe t elle loin de son arbre loin de son ombre?…..un vrai roman

LE Café, la caféine

Chapître X I LOVE COFFEE

L’histoire du caféier  volé par le chevalier de Clieu dans le jardin des plantes à Paris où se trouvait au XVIII° siècle le premier plant de café!.  De Clieu planta son caféier en Martinique afin que les français apprécient cette nouvelle boisson comme les arabes et les turcs . Un véritable roman….la Martinique se retrouva avec quelques millions de pieds!!

Ce récit complète les  livrets de l’exposition au MUCEM à Marseille CAFEIN 

A cela s’ajoute la description de la caféine, qui finit par s’accumuler dans la graine, qui l’aide à sa germination, à se protéger des prédateurs. C’est un pesticide naturel…Un roman ….

Jardin malgache 1930

Jardin malgache à Sambava de 1933 à 1959

Mon amie, Irène passe son enfance et sa jeunesse à Sambava. Son récit concernant le jardin m’a passionné, et j’en fait part sur mon site. Sa maison, construite par son père qui arrive de l’île de la Réunion en 1918 à Madagascar, allie simplicité, fonctionnalité avec une climatisation adaptée à la grosse chaleur et l’humidité. Toutes les pièces s’ouvrant sur un même espace assure la convivialité au quotidien. Le jardin est à portée de main, complétées par la culture sur l’exploitation à Ampakaka située à 40 km.

Que cultive-t-on dans ce jardin malgache ? des légumes-feuilles : les brèdes, des légumes-fruits, des légumes-graines, des légumes- tubercules, ldes légumes-condiments

La Ciboule, Allium fistulosum L., elle n’a pas de bulbe à la base, un simple renflement, des feuilles cylindriques, creuses. Elle a un goût intermédiaire entre l’oignon et l’échalote. Elle était cultivée sous Charlemagne sous l’appellation de cepa. Actuellement,elle est apprécié comme plante décorative.

allium fistulosum DSC04330Le Persil commun ou à feuilles plates, Petroselinum crispum (Mill.) Nyman, Petroselinum sativum Hoffm. 

La Citronnelle, Cymbopogon citratus (DC.) Stapf, il s’agit d’une Poacée (Graminée), qui pousse de façon spontanée le long des chemins, à la base un bulbe allongé, des feuilles linéaires assez rudes. Elle était considérée comme une plante aromatique indispensable au bain. Introduite en France, d’après le « Babeth book », elle est utilisée en jus, obtenu en coupant finement en rondelle le bâton de citronnelle.

Le Poireau chinois, Allium tuberosum Rottler Du bulbe partent des feuilles plates, étroites d’un vert clair au goût d’ail. Les feuilles sont coupées à la demande.

Le Chou de Chine ‘Granaat‘, « Ramonebaka », Brassica rapa subsp. pekinensis ‘Granaat’, c’est une variété du pet-saï, les feuilles d’un vert lumineux sont à la base en rosette assez serrées sans être pommées comme chez le Pet-saï, cette variété se rapprocherait le plus de la description donnée. Les jeunes feuilles se mangent crues, plus vieilles cuites. Cette variété est dessinée sur l’ouvrage de D.Bois les Plantes Potagères en Pays Tropicaux 1935 fig.38.

Le Haricot à rame, Phaseolus vulgaris L. Les haricots s’enroulent sur de hauts supports. Ils sont arrivés d’Amérique

Le Concombre, Cucumis sativus L. il vient de l’île de la Réunion. Il se mange cru en salade avec des piments ou bien cuits avec de la viande.

Le Chou-rave ,Brassica oleracea var. Gongylodes , la tige aérienne est tubérisée. Si en France il est abandonnée après la guerre comme le topinambour, à Madagascar il n’est pas tombé dans l’ oubli. Coupé en lamelles il est sauté dans le jus de cuisson de la viande ce qui relève son goût fade.

Le Haricot kilomètre, « Voamoa », Vigna unguiculata subsp. sesquipedalis (L.) Verdc. Il s’enroule sur les clôtures. Il est décoratif avec ses fleurs blanches et spectaculaires, et ses gousses longues et fines d’ 1 mètre de long sont un légume.

L’« Anguivy », Solanum macrocarpon. L., Il s’agit de la Grosse angivy, une aubergine amère. La tige est ligneuse, pubescente, des feuilles ovales, pubescentes, des fleurs blanches aux poils étoilés, des baies vertes et rouges à maturité, évoquant plus une tomate qu’une aubergine. Les fruits sont utilisés dans un bouillon et pris en infusion, pour soulager un petit mal de ventre.

La Petite Anguvy, Solanum americum les fleurs blanches sont suivies par des baies noires grosses comme des pois. et la tige est hérissée.

L’Aubergine, « Baranjely) Solanum melongena L., Les fruits sont petits de couleur jaune, les fleurs sont violettes. A l île de la Réunion elle se nomme Bringelle.

La Tomate, « Voandamora » Lycopersicon esculentum Mill.;les tomates sont un peu plus grosses que les actuelles tomates cerises, la chair est ferme et exhale un parfum exquis de tomate. La culture se fait sur des piquets. On prépare la rougaille de tomates. Elle correspondrait à la Tomate variété Madagascar chez la Ferme Sainte Marthe.

La Brède Morelle, « Anamama be », Solanum americanum Mill. Solanum ptychanthum c’est une variété de Morelle noire cultivée, la tige est couverte d’aspérités, et après les fleurs blanches apparaissent des fruits noirs.

Le Piment de Madagascar, Pili pili, Capsicum frutescens L., comme l’évoque Irène son surnom évoque le cri des oiseaux qui en sont friands, il est échappé de jardins et se cueille en dehors du jardin, il est endémique de Madagascar.

Le Patole, Luffa cylindrica (L.) M.Roem. C’est une plante grimpante de la famille des Cucurbitacées fleurs jaunes femelles donnent de fruits en forme de massue qui se mangent frais car les fibres, les vaisseaux conducteurs de la sève se durcissent et se transforment en une véritable éponge végétale.

Le Margoze , Momordica balsamina L., Cette plante grimpante de la famille des cucurbitacées, annuelle, donne un large, ovoïde ressemble à un cornichon, s’ouvre en 3 lanières rouges, la pulpe débarrassée de ses graines est légèrement amère et nécessite de dégorger dans du sel deux à trois heures. IL se mange avec la morue.

Le Pois de Lima, Pois d’Achery, Pois du Cap, Pois savon, Pois de souche Phaseolus lunatus est une plante grimpante. Les énormes graines sont consommées cuites car elles contiennent de l’acide cyanhydrique. Selon le Courrier de Madagascar (2014) il a fait la réputation de Madagascar comme le café, le litchi, dans les années 70 et 80. La culture devrait être redynamisée car le Pérou et la Californie ont diminué leur production suite à la sécheresse. Il est le véritable Phaseolus, le véritable haricot, arrivée d’Amérique en 1840 par les espagnols.

Un souvenir d’Irène étonnant et d’actualité, puisque les insectes sont devenus source de protéines. Ce feuillage est l’aliment de la chenille du Pyrops madagarescensis qui se transforme en une nymphe nommée, « porte-lanterne », originale avec un rostre allongé, rose crevette, et un abdomen auréolé d’une mousse blanche, une cire hydrofuge pour se protéger des prédateurs, les nymphes ramassées sont passées dans l’eau chaude et sont frites. Les nymphes donnent des adultes qui vivent sur l’arbre très courant, la Pomme de Cythère ou Evy ou « Sakomanga » ou « Ambarella », Spondias dulcis Parkinson. Les adultes pompent la sève à l’aide d’un rostre et secrète un miellat , « le miel de Tentele ».

La Chayotte, « Saosety » ou « Sosoty » , Christophine pour la Martinique, Chouchou pour la Réunion, Sechium edule (Jacq.) Sw., Tige sarmenteuse s’enroulant sur les supports par des vrilles foliaires. Elle est vivace grâce à un tubercule, elle est plantée proche de l’écoulement des eaux de l’évier car elle a besoin d’eau. Les fleurs sont peu spectaculaires, petites et monoïques. Les fleurs femelles donnent naissance à des fruits énormes, des baies atteignant le kilo. Fruit et tubercule et jeune pousse se mangent cuits. Le développement est rapide 150 m2 en quelques semaines. En 2013, la variété vert pâle à peau lisse sans épines ,en forme de poire s’est acclimatée en Europe notamment en France on la trouve sur les marchés et en culture.

Dans ce jardin et autour de la maison il y a des arbres.

Le plus estimé, toujours présent dans la mémoire d’Irène, le Mouroungue, Ananambo, Moringa, Moringa oleifera Lam. , un arbre aux multiples potentiels, les racines utilisées pour leur goût piquant, les feuilles et les fruits pour l’élaboration du curry, les graines pour la fabrication d’une huile de cuisine, « huile de Ben », qui a l’avantage de ne pas rancir, d’être inodore, bénéfique pour les maladies de peau. Les feuilles, soit les « brèdes mouroum », sont des légumes pour la soupe, le pot-au-feu. Selon la Tribune de Diego (rajaofera.free.fr) il mériterait une attention pour enrayer la malnutrition.

Le Papayer Voampazo, Carica papaya L. Il arrive d’Amérique tropicale passant par les îles de la Réunion puis Madagascar. Sans connaître ses propriétés, celles d’ amoindrir la viande, le fruit entre dans la composition des préparations de la viande de zébu.

Le Manguier, Mangifera indica Gaertn.,Il est présent dans les plantations de café car les ouvriers jetaient les noyaux. (Il est introduit à Madagascar en 1801 par Michaux, de l’île Bourbon, variété ‘Auguste’. Revue de Botanique Appliquée : Les production de fruits à Madagascar par Edm.François, directeur du Jardin botanique de Tananarive1927.). Il est vraisemblable que c’est une variété sélectionnée pour son absence d’odeur d’essence térébenthine.

Les “mauvaises herbes” du jardin mais utiles

Elles ne sont pas négligées et sont utilisées en cuisine comme légumes-feuilles nommés brèdes.

Le Brède malabar, Anapatsa, Amaranthus blitum L., les feuilles entrent dans la composition des soupes, ou sont cuites à la poêle. A ne pas confondre, sous ce même nom, une Amarante, appelée aussi « Pariétaire à piquants », Amaranthus spinosus L.

Dans le parc à zébus, le Pourpier brède pousse en quantité, sa surnom de « Bouse de taureau », n’incite pas à la consommation et pourtant ses petites feuilles charnues riche en acides gras oméga 3 vitamines E et C font excellentes salades.

La Morelle noire, Anamama, Anamamy, Brède Martin, Solanum nigrum L.se multiplie facilement dans les cultures, les jardins, aux fleurs blanches succèdent des baies vertes puis noires.Les feuilles se mangent façon épinard, ou en soupe, ce qui fait frémir plus d’un européen qui voit dans les morelles noires des plantes dangereuses. Les baies sont considérées comme toxiques.

La terre à Ampakaka

A Ampakaka , à quelques kilomètres de la maison, la famille s’y rendait pour passer l’été en voiture puis en pirogue.

Le Cresson de Para « Brède mafane » , Acmella oleracea (L.) R.K.Jansen,(Spilanthes oleracea), légume-feuilles fait partie du plat national de Madagascar : le « romazava », le ragoût de zébu. Coupé il repousse jusqu’à la fin de l’automne. Il est considéré comme médicinal. Sa saveur piquante et une propriété anesthésiante, lui donnent le nom d’ Herbe chaude .

La Patate douce , « Vomanga » Ipomoea batatas (L.) Lam., c’est leur pomme de terre, de la famille des Convolvulacées (famille du liseron). Le tubercule et les feuilles qui font partie des brèdes se mangent.

Le Haricot mungo « Voantsiroko » Vigna radiata (L.) R.Wilczek, en Europe c’est lui qui donne les « pousses de soja », à Madagascar ce haricot se retrouve dans la viande de zébu.

Le manioc, Mangahazo, Manihot esculenta Crantz , retiré du sol il est rapidement stocker dans la terre du sous-sol. Les feuilles sont broyées à l’aide d’un pilon en bois dans un mortier, laissant échapper un bruit « toto. » et participent au ragoût de porc, le « ravitoto ». Les brèdes jeunes sont les meilleures les moins amères

Le Voème , Voanemba, Haricot à l’œil noir, Vigna unguiculata (L.) Walp. Il est originaire d’Afrique et est connu sous le nom de Niébé. En France il est le Dolique mongette,planté mangé avant l’arrivée d’Amérique du Haricot . Plante grimpante ,supportant la sécheresse, annuelle, les feuilles sont trifoliées. Cette légumineuse est un légume-feuille dont on mange les jeunes feuilles.

Voanjobory, Pois de terre, Pois bambara, Vigna subterranea (L.) Verdc. son nom anjo indique qu’il est nourrissant, en effet il est hautement calorifique, riches en vitamines, en sels minéraux dont le phosphore, et équilibré en acides aminés, acide linoléique et lysine dominante. « Bory » le distingue de l’arachide, comme ce dernier sa fleur se courbe et s’enfonce dans le sol. Anjo signifie qui nourrit. Il est consommé frit ou bouilli, il entre dans la composition du plat, « Hena-kisoasy voanjobory ». Il fait partie des plantes qui soignent. )

Le Pois d’Angole, Pois d’Ambrevade à l’îleMaurice, Varvatte, Ambarivatry , Cajanus cajan L., il est arrivé à Madagascar avec les esclaves. Cette culture vivrière a des graines sont riches en acides aminés lysine, méthionine tryptophane

Le Zakamalao, Sakaviro, pour la tribune de diego, Zingiber officinale Roscoe, culture très ancienne. Le gingembre blanc correspond au gingembre séché et pelé le gris ou noir il est séché non pelé.

Le Melon d’eau, « Voatave », Cucumis melo, le melon voatango, Voamanga., un fruit avec peu de chair , une chair blanche, fade et riche en eau.

La Banane Frayssinette, « Ginsly », Banane mignonne, « Figue sucrée » aux Antilles, provient de la domestication du bananier sauvage,à partir d’ une hybridation entre Musa acuminata x M.balbisiana (du groupe génétique AA et sous-groupe sucrier), donnant des fruits parthénogénétiques,c’est-à-dire sans graines, de petite taille, tout au plus 10 cm, à péricarpe fin, délicieusement sucrée, servie aux repas de fête. La culture de la banane débute vers 500 de notre ère à Madagascar. (La banane est de la même famille que l’arbre du voyageur Ravenala madagasriensis, famille des musacées.). L’histoire du bananier d’A.Lassoudière, éditions Quaer., La Gazette de la grande île 2016).

La Banane plantain, Banane à cochon, Musa x paradisiaca L., le bananier donne de gros fruits atteignant 40 cm, à la chair ferme cueillis pour l’alimentation des cochons.Un souvenir d’Irène, tous les dimanches 250 régimes de bananes vertes sont entreposés dans une marmite à 3 pieds placée dans une cabane fermée et aérée pour les cuire un certain temps et ces bananes seront destinées aux cochons.

Actuellement elles sont en vente dans les grandes surface, se consomment cuites voir les recettes dans Le Babette book, E. Albin Michel.

Le Café de Madagascar, « le kouïlo, « Kouillou »le Tanala, une variété de Coffea canephora voisine de la variété robusta est très corsé, riche en caféine, les grains sont petits, globuleux avec un sillon central rectiligne. Il était servi façon café expresso dans un fond de tasse. Selon le journal Zinfos 974.com la filière café malgache est en grande difficulté par rapport à des pieds trop anciens et une absence d’entretien.

Le Fruit à pain, Artocarpus altilis (Parkinson) Fosberg, ce bel arbre donne des faux fruits de la taille d’un melon vert, avec une écorce aux dessins géométriques, une chair laiteuse. Le fruit est appelé « pain des pauvres »

Le Vanillier Vanilla plenifolia arrive à la Réunion en 1630 et en 1841, la fleur de vanille restée stérile par manque de l’ insecte pollinisateur, une mélipone. La culture se fait sous l’ombre dense des mûriers noires, Morus nigra. L’élagage donne des branches droites servant de support pour la vanille. Les enfants mangent les fruits sucrés juteux du mûriers noires. Sur cette île elle devient la meilleure du monde, de nos jours elle bénéficie de l’appellation AOC Vanille Bourbon.

L’Avocatier, Zavocat, Persea americana Mill., encore un souvenir d’Irène, l’avocat est mangé avec du sucre et pour les adultes une cuillerée de rhum, et de café .Si je m’en réfère au « Babeth book » il s’agirait de la variété ‘Lula’  importée des Antilles, et non d’origine, avec une peau verte et lisse.

Le Sonze, Vihalaho, Alocasia macrorrhiza, le rhizome se renfle en tubercule, il y a une variété dont les tiges sont comestibles, et les tubercules sont cuits dans l’eau, les feuilles encore enroulées sont bouillies et frites. Les énormes feuilles leur donnent le surnom d’ oreille d’éléphant », j’ajoute une remarque d’Irène faisant la différence avec une plante voisine se développant sur le bord des rivières, dont le bulbe plein, un corme, Colocasia esculenta,les feuilles sont dressées, en période de disette les graines sont ramassées et portées à ébullition et cuites dans la cendre.

Autour de la maison, les fleurs pour l ’embellissement

Le « muguet malgache », Famonototozy, Drimia mascarenensis (Baker) J.C.Manning et Goldblatt, d’une touffe de longues feuilles s’épanouissent des hampes florales portant des petites clochettes blanches au moment des pluies. Ce muguet est très toxique, son bulbe écrasé sert d’appât pour tuer les rongeurs.

Un ensemble de fougères, le Diplazium esculentum (Retz.) Sw. masque le dessous de la maison niveau pilotis, les crosses et les jeunes feuilles sont consommées, elle est la fougère la plus comestible du monde,tout en étant décorative.

Le Franciscea , Brunfelsia uniflora L. agréable pour composer des bouquets pour la véranda, cet arbuste buissonnant de la famille des Solanacées, originaire d’Amérique du Sud a des fleurs nombreuses qui changent changeant de couleur au cours de leur vieillissement, du violet au lilas au blanc.

Le Lilas de Perse, « Voandelaka » , Melia azedarach L. Ce bel arbre aux feuilles découpées comme celles du frêne, ses nombreuses fleurs parfumées est considéré naturalisé à Madagascar. Le noyau sert à confectionner des chapelets, des colliers. Sur le tronc, dans un « fanjon » ou « fanjan » soit un pot suspendu sa maman plaçait une orchidée. Qu’est ce que ce « fanjan » ? un stipe d’une fougère arborescente, Cyathea borbonica Desv. caractéristique des forêts tropicales humides, le stipe est couvert de racines adventives serrées les une contres les autres, coupé le stipe devient un milieu idéal pour la culture des orchidées, offrant un milieu acide et laissant passe l’eau. Ces coupes ont concouru à la disparition de ces fougères apparues il quelques 300 millions d’années. Actuellement il est interdit de les couper.

L’« Evi », « Sakomanga », « Ambarella »Pommier de cythère,Spondias dulcis Parkinson.Spondias est le nom grec de la prune. Après avoir mangé le fruit il reste un noyau mémorisé car couvert de longues aspérités. Si ce nom de pommier oriente vers la famille des Rosacées, il fait partie des Anacardiacées, famille du Manguier.

Le « Vavangue » , Vangueria madagascariensis J.F.Gmel., la pulpe acidulée de cette sorte de prune bleuit la langue a marque la mémoire d’Irène. L’urbanisation a fait disparaître cet arbuste autour des maisons.

Le Bibassier,« Kazazan », « kaso fihina », Eriobotrya japonica (Thunb.) Lindl. , un arbre venu de l’île de la Réunion.