Le Phylloxéra, sulfateurs et américanistes

Le Phylloxéra

Il se nomme Phylloxera vastatrix ou selon la nomenclature moderne Daktulosphaira vitifoliae. Il est le pou ténébrant  (insecte qui perfore)La maladie porte le même nom.

Cet insecte, semblable à un petit moucheron, sournoisement met trois ans à entraîner la mort du cep après un dessèchement des feuilles. Il est originaire d’Amérique et arrive en France vers 1863. Le phylloxéra arrive pour la première fois dans les vignes de Montfleur en 1879.

Daktulosphaira vitifoliae a un cycle biologique complexe , il mène une vie souterraine niveau des racines, stade hypogé et une vie aérienne au niveau des feuilles, stade épigé. Ces insectes pratiquent la parthénogenèse.

Au printemps, à l’apparition des feuilles, les insectes femelles, les fondatrices aptères proviennent du développement d’un œuf d’hiver caché sous l’écorce. Elles pondent leurs œufs sur les feuilles les plus tendres, apicales. de la vigne, les œufs sont protégées par la feuille qui réagit en formant une galle. La fondatrice pond quelques 600 œufs. Les larves qui apparaissent sont plus ou moins dispersées par le vent, et d’autres de ces larves migrent vers les racines à l’automne, c’est le stade hypogé qui débute. Les larves se développent, jusqu’au stade adulte, ce sont des femelles aptères qui pondent des œufs,chaque femelle pond une centaine. A l’approche de l ‘hiver les larves devenues des nymphes hibernent et supportent le froid. Les racines montrent de nombreuses déformations. Au retour du printemps c’est le stade épigé, les nymphes donnent des insectes colonisateurs, ailés, ces formes parfaites d’insecte pondent des œufs andropares soit des œufs mâles et les gynopares soit des œufs femelles, sous les feuilles ou l’écorce, il apparaît des insectes sexués qui s’accouplent , chaque femelle pond un seul œuf, l’œuf d’hiver sous l’écorce, Et au printemps cet œuf se développe pour faire apparaître une femelle fondatrice aptère du stade épigé sur les feuilles.

Www.ephytia.inra.fr

 “….tandis que l’invasion et la destruction ont marché chez nos voisins de l’Ain, avec une rapidité terrifiante , la marche du désastreux insecte ne paraît s’accomplir chez nous qu’avec une heureuse lenteur. …l ‘abandon du vignoble tient au phylloxéra , aux maladies cryptogamiques …(mildiou, black-rot, oïdium … et au contexte économique difficile….” Sylvaine boulanger. Le vignoble du Jura, Presses universitaires.

On doit la découverte du Phylloxéra à Jules-Emile Planchon dans son rapport à l’Académie des Sciences  …”si un remède prompt et énergique n’est pas trouvé avant 10 ans la Provence n’aura plus une seule vigne …”l’entomologiste Lichenstein met en évidence les larves qui attaquent les racines, Léopold Laliman propriétaire bordelais découvre l’immunité acquise des cépages américains.  J.-E.Planchon après un séjour aux Etats-Unis  conseille vivement le greffage des cépages sur des plants américains. (Les vignes américaines, leur culture, leur résistance au phylloxéra  1875 Société Centrale d’Agriculture de l’Hérault) .  C’est alors que s’opposent les sulfateurs, vignerons qui injectent du sulfure de carbone au pied des ceps au moyen de pals métalliques aux américanistes, vignerons qui greffent sur des pieds américains leur cépage.

www.vignevin-sudouest.com, www.dico-du-vin.com,    www.ephytia.inra.fr, www. Le Phylloxéra et les maladies de la vignes : la lutte victorienne des savants Roger Pouget 2015.

 

 

 

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