Les coteaux de l’Ain et vignobles

Les vignobles allient le sous-sol, le climat, le sol, la botanique, les insectes, les champignons,les bactéries, et le travail de l’ homme.

De Poncin à Cerdon les vignes sont installées sur le faisceau lédonien jurassien, un ensemble de terrains plissés et fracturés appartenant au Jura méridional.

Les maisons de vigneron, les chapelles celle de La Cueille, de Leymia, construites en pierre de taille rappelle cette mer profonde qui recouvrait la région au jurassique (soit l’ère secondaire, époque des dinosaures) de 205 millions d’années à 130 (150 MA)millions d’années, sous un climat tropical. Dans cette mer profonde, calme s’est déposées des mètres de calcaire sublithographique voir lithographique.

La mer se retire, laissant l’érosion faire les attaques de dissolution de la roche calcaire et ne laissant aucune trace du crétacé, soit la fin du secondaire, qui se détecte sur les collines de Ménestruel.

Le massif calcaire du Cerdon est karstique, l’eau souterraine dissout la roche et crée un réseau de grottes, Les eaux se rassemblent pour donner naissance au Veyron, il entaille transversalement les roches calcaires pour arriver dans la plaine de Leymiat et il se jette dans l’Ain au lieu dit « la Queue du Veyron ».

Le paysage révèle la suite des événements, les couches sont surélevées, plissées accompagnées de nombreuses failles de direction NNE-SSW, au moment de la surrection des Alpes, débutant il y a quelques 130 MA d’années.

Rocher de St Alban culmine à 562 m. il domine le Veyron, Le mont Carmier Cerdon, les Balmettes à Leymiat

La région subit un refroidissement comme en témoignent les dépôts fluvio-glaciaires qui contrastent avec les roches massives calcaires, ce sont les restes du glacier alpin, dont les langues glaciaires se terminent sur Hautecourt, Cize, lors de la glaciation du Riss il y a de -300 000 à – 120 000 ans.

Les eaux de fonte entraînant des blocs ont été déposées dans le lit duVeyron et de l ‘Ain ou des combes comme celle du combet Fanjot, et se sont étalées dans les plaine de Champeillon, de Leymiat, de Poncin, ou accumulées en balmettes les Balmettes de Leymiat.Ce sont des conglomérats solidifiés dans une gangue utilisés pour l’installation du château de la Cueille, de Poncin,ou actuellement des maisons de Leymiat.

Le massif calcaire est colonisé par une chênaie-charmaie puis des vignes. Les conglomérats ont facilités l ‘installation de château, villages.

La Cueille Chênaie-charmaie

Chênaie-charmaie à chêne pubescent sur le sentier de La Cueille

Cette Chênaie se dévoile juste après la plantation de Pin noir d’Autriche, Pinus nigra.

Le sentier : Les Roches part du château de la Cueille et longe la crête passant d’une altitude de 342 m à 571 m. dominant la rivière d’Ain.

Les gorges de la rivière sont creusées dans le calcaire jurassique (Oxfordien) : un calcaire sub-lithographique, avec quelques bancs de calcaire marneux déposé dans une mer profonde et chaude, il y a quelques de -225 MA à -130 MA. La mer se retire, il y a quelques -65 millions d’années et les dépôts calcaires épais subissent l’érosion, et vers – 54 millions d’années, pendant le tertiaire, le soulèvement des Alpes plisse et fracture ces strates de calcaires, c’est la naissance du Jura. Ce Jura méridional surplombe l’effondrement de la Bresse.

Sur ce calcaire massif, mise en évidence par le soulèvement des Alpes, s’installe une végétation xérothermophile, une végétation à tendance méditerranéenne très typique.

Les pentes en direction de la rive gauche de la rivière d’ Ain, de 350m à 250 m sont colonisées par le Buis toujours vert, Buxus sempervirens L., accompagné du Charme Carpinus betulus L., et du Chêne pubescent, Quercus pubescens Willd. Ce dernier caractérise les stations chaudes les terrains calcaires. Il est xérothermophile. Souvent il est remplacé par une plantation de vignes. Les feuilles ont une face inférieure aux poils mous de même les jeunes rameaux, les lobes sont ondulés il est adapté à la sécheresse, et supporte le gel, son feuillage est marcescent, il persiste l ‘hiver. Le Laser siler ou Sermontain, Laserpitium siler L.forme des bordures, plante xérophile, indicatrice du sol calcaire, apparaît à partir de 500 m, et la Centaurée, Centaurea jacea L., la Sarriette à feuilles de menthe ,Calamintha menthifolia Host. L’atteinte des Buis par la pyrale, réduits à des squelettes (papillon chinois) permet de contempler la rivière, le barrage de l’Allement.

Le Chêne sessile, Quercus sessiliflora, avec le Charme, Carpinus betulus représente la strate arborescente, accompagnée d’un cortège d’arbustes thermophiles et aimant les terrains calcaires : Genévrier Juniperus communis, Viorne lantane, ou V.mancienne, Viburnum lantana L., Prunier de Sainte-Lucie, ou Bois de Ste Lucie, Prunus mahaleb, Coronille émérus, Hippocrepis emerus (L.) Lassen, Cornouiller sanguin Cornus sanguinea,au feuillage rouge cuivré lors d’une arrière saison chaude, Troène commun, Ligustrum vulgare L. , Alisier blanc, Sorbus aria (L.) Crantz, indicateur de sécheresse, Poirier sauvage, Pyrus pyraster Burgsd., Sorbier des oiseleurs, Sorbus aucuparia L., Clématite blanche, Clematis vitalba L., Noisetier, Corylus avellana L., Érable commun, Acer campestre, Érable à feuilles d’obier, Acer opalus Mill., indiquant une altitude de 500 m, Camérisier ou Chèvrefeuille des haies, Lonicera xylosteum L., Aigremoine eupatoire, Agrimonia eupatoria L.,Daphne lauréole, Laurier des bois, Daphne laureola L., espèce sub-méditerranénne, des bouquets de fougères thermophiles, Polystic à dents sétacées, Polystichum setiferum (Forssk.) Woyn., , Solidage verge d’or, Solidago virgaurea L. qui caractérise un boisement calcicole pauvre en calcaire actif, voir présence dans les chênaies acidophiles.

 La présence de marne et calcaire marneux sur un milieu humide se manifeste par la présence de Succise des prés, Succisa pratensis Moench, la Molinie, Molinia arundinacea Schrank, Garance voyageuse, Rubia peregrina L., Nerprun purgatif , Rhamnus cathartica L., Peuplier tremble, Populus tremula L.

Cette Chênaie-Charmaie à Chêne pubescent sans valeur économique est reboisée en Pin noir, ou cultivée en vigne si l’exposition est bonne. Ce qui se passe à La Cueille.

Le printemps s’annonce par la floraison des Violettes de Mars, Viola odorata qui exhalent  un léger parfum , et se montrent jusqu’ à la fin avril. Le squelette des buis atteints par la pyrale est couvert de mousses donnant un paysage étrange. Dans les trouées se distingue la floraison jaune de l’Érable à feuille d’obier.

 

Le Château de La Cueille appartenait à un grand domaine, appelé le « Clos du château », entouré d ‘un mur en pierre de taille, et l’accès se faisait par deux portails en fer forgé. 100 hectares de vignobles s’étendaient sur une pente à 60%, sur un calcaire sub-lithographique. En 1870 le vignoble fut atteint du phylloxéra. Les ceps malades furent détruits et replantés par des Pins noirs, Pins noirs d’Autriche. En 2012, le propriétaire du château vend 5 hectares du « clos du château à un viticulteur. Les pins noirs sont extraits du terrain et la vigne plantée (Le Progrès 20 mars 2015).

Les étangs et son cortège floristique

Les étangs de la Dombes et leur cortège floristique

Une impression de nature intacte

Une nature façonnée par l ‘homme

il y 20 000ans en se retirant les glaciers alpins laissent un relief de creux et de bosses en laissant des moraines et des cailloutis glaciaires. Pendant le réchauffement le vent apporte un limon calcaire très fin, le loess, et puis le climat devient humide, la pluie lessive et décalcifie le loess qui se transforme en lehm, une terre argileuse, blanche, un véritable béton. Dans les multiples dépressions devenues marécageuses, les leschères poussent des herbes coupantes, les carex ou laîches appelés en Dombes « Cariots » du latin cariosus signifiant pourri. De ces leschères font naître les 1000 étangs. En 1930 Marguerite d’Oingt épouse d’Humbert V de Beaujeu, fondatrice de la Chartreuse de Polleins sur l’actuelle commune de Mionnay fait évoluer les leschères en étangs pour élever du poisson tout en respectant les règles d’abstinence de l’église. Ils sont alimentés par l’eau de pluie , ils sont en communication les uns avec les autres, la profondeur ne dépasse pas le mètre 50.

Le travail de ces étangs considérés comme des terres cultivées se résume par deux mots évolage et assec . Pendant deux ans, la terre est « cultivée en eau et semée de poissons » c’est l’ évolage. Après la pêche pendant une année la terre est mise en culture avoine, ou laissée aux herbes sauvages, c’est l‘assec. L’ évolage peut durer plus longtemps au détriment de l’assec, mais ce dernier est indispensable pour la désinfecter sous le soleil.

Les étangs issus des leschères se reconnaissent à leur contour

Une flore au rythme de l’évolage et de l’assec.

Sur l’eau et dans l’eau pendant l’ évolage les hydrophytes

Ce sont des plantes qui ne peuvent se passer d’eau, bien qu’appartement à des familles différentes elles partagent les mêmes caractéristiques, des convergences de formes.

Hors de l’eau, l’appareil végétatif devient flasque, car le parenchyme n’a pas de tissu de soutien et possède de nombreuses lacunes aérifères où s’accumulent l’oxygène de la photosynthèse ou le dioxyde de carbone, le tissu conducteur est réduit, le système racinaire inexistant, les feuilles laciniées assurent la flottaison, les fleurs sont protégées par une spathe, un étui étanche qui s’ouvre hors de l’eau. Elle pratiquent la multiplication végétative, soit un bourgeon terminal, l ‘hibernacle se gorge de réserve , s’alourdit et tombe dans la vase et attend les meilleures conditions de vie pour se développer, soit un rhizome riche en substances nutritives.

Sur l’eau les feuilles sont vernissées, ont une forme arrondies pour prendre contact avec l ‘eau, une face supérieure vernissée. Les stomates sont localisés à la face inférieure. La floraison est hors de l’eau.

Sur les grèves, dans l’étang en assec sont adaptés les Hélophytes. Le cycle de végétation est très court, les fruits et les rhizomes font des séjour très long dans la vase, l’asséchement les réveillent. Ils sont le témoin d’une culture originale. C’est le cortège de la « fleur de béton ».

L’étang est ceinturé par des hélophytes, qui vivent en groupe et formant les Roselières installées dans la zone de balancement des eaux. Les tiges souterraines tissent une trame solide retenant les sédiments et qui progressent vers le centre, et sans intervention de l’homme l’étang est étouffé, c’est l‘atterrissement.

Pour découvrir l’organisation de l’étang s’impose

La partie la plus profonde de ‘étang se repère par le thou, une construction en béton, initialement en bois, le thou permet la fermeture, la vidange de l’étang selon les besoins. Le thou est situé sur une digue  étanche, la chaussée. Au moment de l’assec serpente un fossé plus ou moins rempli d’eau, le bief, il représente la ligne la plus basse de l’étang.  Devant le thou une cuvette profonde remplie d’eau même au moment de l’assec , la pêcherie, de 10 sur 20 mètres. dans certains étangs en assec les tiges de maïs sont visibles.

La grève des étang en eau est ourlée d’une bande verte du Carex bohemica.

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Les étang en évolage avec les casiers d’alevinage.

Caractéristique d’un étang type le Grand Turlet.

Le lehm où poussent les plantes hélophytes les plus caractéristiques.

Le Lotier velu des étangs de la Dombes, son histoire

Le Lotier de la Dombes, un Lotier adapté à l ‘évolage et à l’assec

Un mystère autour du Lotier de la Dombes

Le Lotier de la Dombes a été souvent appelé Lotier velu, Lotier des marais en botanique il correspond à Lotus Uliginosus Schkuhr. et actuellement Lotus pedunculatus Cav. Ce n’est pas le Lotier corniculé. Il affectionne les terrains humides, gorgés d’eau pour cette adaptation il se plaît dans les étangs de la Dombes en bordure. Sa graine a besoin d’un séjour dans un sol argileux gorgé d’eau, la période d’évolage lui convient parfaitement, sa germination est déclenchée par l’assec, l’asséchement de l’étang principalement après le labours qui apporte de l’oxygène.

La première exploitation de cette graine a été réalisée à Chalamont où les exploitants se seraient enrichies!!!!puis cette spéculation s’est étendue à l ‘ensemble de la Dombes. La récolte des graines se faisait fin juillet. (A. Chevassus 1930)

Cette histoire de l’utilisation du Lotier velu de la Dombes a soulevé de nombreuses questions, vente, utilisations, déclarations….

En 1930 le Préfet de l’Ain envoie un courrier au Ministre de l’Agriculture

a la suite de réclamations qui me sont parvenues au sujet de la cueillette et de la vente du lotier des marais dans mon département …. je vous fait part des hypothèses de l’utilisation du lotier…… fabrication de matières colorantes, fabrication de la bière donnant l’amertume, vente de la graine à la place du lotier corniculé (explication la plus plauxible) , utilisation de la fabrication des gaz asphyxiants….

Le ministre répond …..elles ne peuvent être confondues avec les graines du Lotier corniculé parce que de couleur verte et non brune et beaucoup plus petites…..Quand à leur utilisation possible dans la fabrication des gaz asphyxiants il s’agit là d’une légende qui s’est formée pendant la guerre …….les graine de Lotier des maras récoltées dans les terres humides des Dombes sur des plantes venues à l’état spontané se vendent actuellement 30 à 40 francs le kilogramme pris sur place.

(Archives de l’Ain 1930)

Le Lotier corniculé Lotus corniculatus est cependant une excellente plante fourragère.

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Milano,

« Bosco verticale » de Milan dans le quartier Porta Nuova 

 

Deux tours ornées d’arbres pour apporter de la verdure aux hommes des villes, à découvrir à la sortie de la gare Garibaldi.

L’architecte Stefano Boeri avec la participation de botanistes et d’horticulteurs a intégré à deux tours verticales, l’une de 110 m et 26 étages et l’ autre 76 m et 18 étages un ensemble végétale donnant l’impression d’une forêt verticale : 90 espèces , 711 arbres 5600 arbustes au total 15000 plantes. C’est une véritable biodiversité verticale.

Le choix des végétaux est fonction de leur adaptation et de leur situation par rapport au soleil, et de l’ étage. C’est le travail des botanistes qui s’associent aux architectes.

Il obtient Prix international Highrise Award 2014

(www.bactiactu.com)

Potajo

Potajo  le 12/04/2017 (annie-claude bolomier)

“….le jardin un lieu où l’on se sente en accord avec le monde et avec soi-même”C.Colleu-Dumond directrice du domaine de Chaumont-sur-Loire.

Cultiver son jardin relance l’envie de vivre… on oublie les problèmes de la vie…

Arbres et arbustes

Aucuba,  Aucuba japonica ‘Variegata’
Arbuste aux feuilles densément tachées de jaune, ce 12 avril 2017 offre des grappes de petites fleurs rougeâtres aux extrémités qui seront suivies de fruits rouges à l’automne. Cependant ce massif est menacé par le lierre, Hedera helix.

Plaqueminier lotier,  Diospyros lotus
Ce bel arbre se trouve en double exemplaire, il donne un bel ombrage pour le repos des jardiniers. Les feuilles sont douces et ovales et alternes, les fruits semblables à de petites cerises jaunes à l’automne laisse plaqués sue les branches les sépales, ce qui permet le repérage. Il est voisin du Kaki. Les fruits se mangent après les gelées. Le 17/05/2017 les boutons floraux  apparaissent peu spectaculaires.

Sorbier des oiseaux,  Sorbus aucuparia
Cet arbre d’ornement fleurit abondamment avril mai, des magnifiques de corymbes de fleurs blanches odorantes et mellifères. En automne apparaîtront des fruits rouge orangé décoratifs. IL a une écorce gris clair avec des lenticelles blanches. Il est étouffé par un tronc énorme de Lierre, il est condamné à disparaître. Sectionné à la base, ce lierre déperrit, mais hélas très haut subsistent branches enlacées et feuilles mortes. Un travail inachevé, mais le 17/05/2017, la jeunesse qui profite de ce bel espace de verdure, les jardins côté Saône est venue à son secours, perchée entre deux solides branches le reste du lierre est arraché, et  tombe à terre, le Sorbier revit.

Érable negundo ,  Acer negundo
Cet Érable d’Amérique du nord pourrait montrer sa haute silhouette et donner une ombre agréable mais il est étouffé par une masse de lierre qui tente à sa disparition.

Chèvrefeuille toujours vert,  Lonicera pileata Oliv.,  
Cet arbuste est très présent dans les haies des jardins,des parcs, agréable pour son feuillage abondant et persistant, les feuilles d’un vert luisant ne dépassent pas cm. Au printemps apparaissent des fleurs petites jaune pâle géminées. Les coupes successives suppriment la floraison. Parfois devient spontané. Très fréquent dans les jardins . Il est originaire de Chine occidentale. il a peut être un avenir pour remplacer le buis attaqué par le papillon de nuit venu de Chine

Le micocoulier, Celtis 

Les herbes aromatiques pour des infusions bienfaisantes

Menthe marocaine,  Mentha spicata var.spicata

Elle est la menthe du traditionnel thé à la menthe, sa saveur est peu mentholée ce qui la rend agréable au goût. Les feuilles sont gaufrées, crispées. La tige fortement carrée et rouge. Elle demande peu d’eau, elle a le défaut de s’étendre avec ses rhizomes et d’envahir le jardin. Pour une infusion il faut prendre les feuilles avant la floraison. Elle est apéritive, digestive,  tonique, rafraîchissante. Les feuilles sèches conservent leur parfum et sont utilisées en tisane. On prépare le célèbre thé à la menthe.

Ciboulette,   Allium schoenoprasum
Cette ciboulette décore quand on lui laisse le temps de fleurir. Les feuilles d’un vert foncé sont cylindriques, elles sont juteuses Elles diffusent une odeur fraîche de « ciboulette ». Elle est apéritive, digestive.

Mélisse officinale,  Melissa officinalis
Elle est aussi la Citronnelle, le piment des abeilles car les fleurs attirent les abeilles.  Les feuilles vertes duveteuses en dessous exhalent un parfum citronné. Il faut récolter les feuilles avant floraison pour ne pas altérer son parfum. Il est préférable de faire des infusions avec des feuilles fraîches. Elle est relaxante, calmante, soulage les troubles du sommeil. Elle entre dans la composition de l’eau des Carmes. Posologie selon J.Fleurentin les plantes qui guérissent, 1 g à 2,5 g de feuilles sèches par tasse à boire. L’usage de la mélisse est transmisse aux européens par la médecine arabo-persane.

Camomille vraie,   Matricaria chamomilla

Petites rosettes de feuilles découpées plaquées sur le sol donneront des fleurs de Camomille bonnes pour la digestion.

Céleri à découper,  Apium graveolens var. secalinum
Cette plante est bisannuelle, les feuilles vertes pennées sont tendres. Elle est diurétique et détoxifiante. Un seul plant, le céleri aime l’eau.

Fenouil,  et Fenouil bronze, Foeniculum vulgare 

Un magnifique pied de fenouil avec une touffe de feuilles finement découpées, ces dernières froissées diffusent un parfum anisé. Il est apéritif, soulage les voies respiratoires. Il y a aussi un fenouil bronze Foeniculum vulgare ‘ Purpureum’ aux feuilles moins parfumées, la tisane en est plus délicate.  A l’automne il faut rabattre les tige à  25 cm du sol. Les feuilles fraîches ou sèches sont utilisées en tisane, aux propriétés apéritives, digestives,  soulagent les affections des voies respiratoires. Ce sont les fruits qui sont le plus utilisés.Il faut tailler les extrémités pour encourager les feuilles.

Coriandre , Coriandrum sativum
Elle est le Persil arabe ou Persil chinois, ses feuilles ressemblent à celles du Persil plat. Son parfum est atypique, il est apprécié ou détesté!!Les feuilles fraîches en infusion ou crues sont apéritives , riches en vit.C luttent contre la fatigue du printemps. Cueillir les feuilles pour fortifier la plante. Perd son arôme séchée. Laisser la floraison pour obtenir des graines, elle est annuelle.

Verveine citronnelle, Aloysia triphylla
Elle est vivace, petit arbuste qui donne des feuilles allongées robustes, au parfum citronnée. Les feuilles fraîches en infusion exhalent un parfum vivifiant aux propriétés digestives, calmantes. Les feuilles séchées seront les tisanes de l ‘hiver. Elle craint le gel , avant l ‘hiver rabattue et couverte elle peut survivre.

Thym des jardins, Thymus vulgaris
Ce petit arbrisseau a des feuilles ovales dégageant un puissant parfum aromatique. Les feuilles sont persistantes. Couper les tiges au fur à mesure, les feuilles sont prises en infusion, elles sont désinfectantes, soulagent la toux, luttent contre le rhume. Le thym sec conserve son parfum. Le thym citronné apporte une note plus fraîche.

Légumes pour déguster frais

Radis ,   Raphanus sativus

C’est un légume, une racine pivot rouge qui se présente comme rafraîchissant , piquant. Se mange cru. , il est riche en sels minéraux, calcium, en fibres, attention ne pas consommer en cas de sels biliaires. Le 03/05/2017 c’est la fin des radis.

Féves maraîchères,   Vicia fava variété
Les graines grosses , aplaties se mangent crues, elles ont des propriétés nutritionnelles importantes, protéines des glucides, des fibres, des vitamines, des minéraux. Il faut enlever la peau trop riche en tanins. Attention certaines personnes sont allergiques aux fèves. Les Fèves attirent les pucerons, pour s’en débarrasser une pulvérisation d’eau savonneuse (savon noir) .

Petits pois,  Pisum sativum
Les petits pois qui cherchent à s’enrouler sur des piquets, les piquets installées l’enroulement se déclenche. Ils aiment l’humidité, en cas de sécheresse pailler, surtout biner et ramener la terre contre les tiges pour favoriser l’enracinement. Les petits pois se dégustent frais, ils sont un aliment complet, protéines, fibres, glucides, sels minéraux. Apparition des cosses le 22/04/2017 et de nombreuses fleurs blanches autour butinent de nombreuses abeilles.

Fraises et fraises

Cachées mais présentes  et délicieuses. Avec leurs longs stolons elles ne demandent qu’à prospérer le long des massifs.

Carottes, Daucus carota 

le 11/05/2017 des belles rangées de carottes font jour. Quel bonheur de voir pousser les carottes, pour en manger il faut travailler : éclaircir, biner.

Vigne

IL est possible de suivre l’apparition des raisons, seront ils bons?le 04/05/2017

Les fleurs non oubliées pour la beauté
Giroflée jaune, Ravenelle, Violier,   Erysimum cheiranthus
Au printemps le massif se couvre de fleurs jaune orangé apportant un petit air de jardin d’autrefois. Avant l’apparition des graines,  il faut rabattre sévèrement mais pas totalement, la giroflée se resème naturellement à partir de tiges fleuries laissées sur le massif.

 

Bergéria en massif et Ancolie

Magnifiques iris 

Mauvaises herbes !  21/03/2018

Le fraisier des Indes se mélangent aux fraisiers des bois. Le premier Duchesnea indica se distingue au printemps par ses fleurs jaunes, un calicule très large et tridenté, les fraises , les faux fruits sont dressé et porté par un petit pédoncule, fruits insipides , mais pas dangereux. Les fraisiers des bois, Fragaria vesca couvre les plates-bandes par de nombreux stolons , les feuilles sont soyeuses. Les fleurs blanches donnent naissance à des fruits des faux fruits rouges et se détachant facilement du calice prêts à manger.

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Vrillée liseron , Renouée liseron, Faux-liseron

Fallopia convolvulus (A) A. Love, La Vrillée serpente entre les légumes, elle disparaît l’hiver. Elle aime les sols riches en nitrates et minéraux, bien équilibrés.

La Rubéole des champs,  Sherardia arvensis est une  petite plante annuelle aux fleurs mauves entourées d’une collerette de bractées foliacées est courante dans les jardins. Les tiges sont couchées, légèrement piquantes formant des touffes. Elle aime les terres fraîche bien amendée.

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Lectures botaniques

Le triomphe des graines de Thor Hanson chez Buchet Chastel 

Première publication de Thor Hanson 2014  Then Triumph of Seeds et traduction en français en 2017 par Cécile Leclère

Une excellente traduction, sur le parcours des graines, leur utilité, leurs succès chez les humains et les animaux, leur histoire, un livre passionnant, une vue moderne de la graine, à lire comme un conte.

La graine de Ricin

Chapître XI le parapluie fatal décrit l’action de la ricine contenue dans les graines de ricin, comment elle tue les cellules, ce membre du club des PIR (protéines tuants les ribosomes …….)

L’Almendro

Chapître I Graine d’un jour, Chapître IV les graines se défendent

L’Almendro correspond à Dipterix panamensis un arbre majestueux d’Amérique du Sud. On connaît plus Dipteryx odorata qui donne la fève Tonka. Les fruits à la coque si dure, comme du béton sont croqués par de nombreux animaux. Comment la graine se défend-elle? ….germe t elle loin de son arbre loin de son ombre?…..un vrai roman

LE Café, la caféine

Chapître X I LOVE COFFEE

L’histoire du caféier  volé par le chevalier de Clieu dans le jardin des plantes à Paris où se trouvait au XVIII° siècle le premier plant de café!.  De Clieu planta son caféier en Martinique afin que les français apprécient cette nouvelle boisson comme les arabes et les turcs . Un véritable roman….la Martinique se retrouva avec quelques millions de pieds!!

Ce récit complète les  livrets de l’exposition au MUCEM à Marseille CAFEIN 

A cela s’ajoute la description de la caféine, qui finit par s’accumuler dans la graine, qui l’aide à sa germination, à se protéger des prédateurs. C’est un pesticide naturel…Un roman ….

un botaniste avant l’heure

Jean-Jacques Rousseau plus qu’un Herboriste, un Botaniste rigoureux

A son époque la Botanique est encore regardée comme une partie de la médecine, pour J.J.Rousseau, la dénomination des plantes semble insuffisante comme leur connaissance. Pour s’opposer aux Herboristes ceux qui connaissent les simples et les vendent, il se nomme « botanophile »soit  une personne non scientifique qui s’intéresse aux plantes pour elles-mêmes.

……;”ces plantes avoient des noms vulgaires différents dans chaque canton, et ceux qui les indiquent pour leurs drogues ne leur donnoient que des noms connus tout au plus dans le lieu qu’ils habitoient et quand leurs récipés couroient dans d’autres pays , on ne sa voit plus de quelle plante il y étoit parlé “

Chacun en substitoit une à sa fantaisie , sans autre soin que de lui donner le même nom.

Ces remarques sont encore d’actualité, les plantes médicinales ont souvent des noms vernaculaires dont il faut se méfier. Le choix d’une plante pour la tisane nécessite son nom latin et de plus

….le nom latin est le seul moyen de s’entendre avec les botanistes du monde entier …….ma plume se refuse de tracer ici les terribles accidents que causent tous les jours dans les grands villes surtout l’ignorance et la mauvaise foi des Herboristes ……Il s’insurge sur l’appellation Lamier blanc ou Ortie blanche, ….compter ainsi parmi les orties une plante qui n’y a pas le moindre rapport Le Mouron des bonnes femmes et celui des herboristes ne correspondent pas à la même plante, de même pour la coquelourde des jardiniers et de celle des herboristes de l‘argentine des fleuristes et celle des paysans . Ne pas confondre Nigella sativa et Nigella damascena Ne pas confondre Citrus grandis le vrai pamplemousse (un énorme fruit peu présent sur les marchés) et Citrus paradisis le Pomelo vendu sous le nom de pamplemousse. Ainsi chaque région a son arnica Arnica montana (le vrai), Inula montana , Anthyllis vulneraria

La dénomination ambigu d’une plante par ses noms vernaculaires disparaît avec la classification du savant suédois Carl von Linné (1707-1778)

Pour déterminer une plante, à cette époque il n’y a pas d’ouvrages botaniques pour le non spécialiste et il n‘y a pas de maître. Faute de moniteur il se constitue une véritable bibliothèque spécialisée. Il s’interroge sur cette absence de couleurs au niveau des dessins

….il faut apprendre empirement les noms de certaines plantes avant de vouloir les étudier méthodiquement il faut premièrement être herboriste et puis après devenir botaniste , si l’on peut;;;

L’ Herbier est un outil indispensable à Jean-Jacques Rousseau

« les herbiers sont des jardins vivants même l’hiver consultés à toute heure.. » Michel Adanson 1763

N’ayant pas réussi dans le dessin et la peinture il délaisse les pinceaux mais il trouve de l’intérêt à colorier les planches de botanique, il met de la couleur autour de ses planches d herbiers

Il accorde du temps et du soin à la conservation des plantes, et il démarre aussi un système d’échange avec des correspondants botanistes, ce qui est très prisé au XIX° siècle

…. Feuilles de beau carton fort et bien battu feuilles de papier bleu autant de rouge . Le tout destiné à placer et à coller des plantes … Le papier de couleur est fait pour ressortir les plantes à fleurs blanches sur un fond d’une autre couleur

Jean-Jacques Rousseau appelle « mémoratif » les plantes récoltées, déterminées, séchées dans un Herbier Il cherche à augmenter son herbier chaque fois qu il le peut, il en achète à des herboristes. Il n’a pas négligé les mousses et les lichens , il envisage des herbiers pour débutants . Il a conservé aussi les fruits et les graines

L’Herbier est toujours d’actualité,

il représente la mémoire des plantes,dans les herbiers nationaux il y a une planche d’herbier « type » présentant l’espèce de référence avec une description définissant cette espèce et assurant l’identification correcte d’autres exemplaires, si l’exemplaire présente des différences des recherches sont menées pour une nouvelle identification, et aussi la clef du futur, les plantes séchées se réhydratent facilement et délivrent leur contenu, leur patrimoine génétique, la flore des continents peut-être reconstitué et mettre en évidence une évolution de la flore jusqu’à nos jours

Si J.J.Rousseau a conservé les fruits et les graines , ce matériel végétal se retrouve aussi dans les herbiers nationaux

Herbier et contraintes actuelles

Faire un herbier actuellement exige des contrainte pour respecter la flore, interdiction de cueillette dans les parcs nationaux, dans les réserves biologiques, des plantes figurant sur les listes des plantes protégées données dans chaque préfecture L’herbier papier est remplacé par l’herbier photo.

J.J.Rousseau à la recherche d’une classification

Ou J.J.Rousseau devient le grand défenseur de Linné (1707-1778)

Carl von Linné , savant suédois publie Species plantarum où chaque plante est identifiée par une appellation binomiale, il rencontre en France de nombreux détracteurs, dont le botaniste Adanson. Il trouve dans cet ouvrage ce qu’il attendait, de l’ordre et de la rigueur dans le monde des plantes , et une dénomination universelle.

Jean-Jacques Rousseau en fait l’éloge dans son Dictionnaire d’usage en Botanique. Progressivement la botanique va s’imposer à côté des autres sciences

Officiellement le nom de l’espèce est suivi du nom de la personne qui l’a décrite ce nom est valable qu’à dater du jour où il a été publié, publication soumise au Code international de Nomenclature

La synonymie des plantes, La botanique et le latin

J.J.Rousseau lit le latin, notamment dans le Systema nature de Linné, et fait des annotations en latin

Pour lui sa référence est le Species plantarum de Linné .

J.J.Rousseau et les cultivars

..l’Homme a dénaturé beaucoup de choses pour les mieux convertir à son usage…..vous aurez beau planter des pépins de poires et de pommes des meilleures espèces , il n’en naîtra jamais que des sauvageons. Cependant il apprécie les parcs et jardins qui permettent l’observation des plantes venues d’ailleurs, cependant il a touché la notion de cultivar

Au temps de Carl von Linné et J.J.Rousseau les espèces étaient considérées comme immuables , avec un nombre invariable depuis la Genèse, aujourd’hui elles évoluent , de nouvelles apparaissent par le jeu des mutations naturelles, par les mécanismes de dérive génétique . Sans mutations pas d’espèces cultivées Les espèces cultivées sont le « fruit » des mutations que l’homme a sélectionnées pour usage domestique, alimentaire, esthétique …Ces mutations font la beauté des jardins de Camellias par des jardins de Rose…..

Nouvelle botanique, la classification phylogénétique

Avec Linné la classification s’appuie sur des caractères visibles que manifestent les plantes , on avait tendance à penser que des plantes partageant un même caractère sont de proche parent, mais ce même caractère indique une « convergence évolutive » soit une forme d’adaptation aux mêmes conditions environnementales

La dernière classification celle d’A.Cronquist qui est proche de celle de Linné, recherche des caractères qui minimisent les phénomènes de convergence , certaines espèces ont changé de famille Exemple de convergence : certaines Euphorbiacées ont le caractère de succulence comme certaines Cactacéees ou encore Astéracées

Actuellement l’étude des caractères externes des plantes , des caractères biochimiques ne sont plus le départ d’une classification . Les botanistes prennent une nouvelle voie, l’analyse de la séquence de la molécule d’ADN soit dans le noyau ou le chloroplaste . L’appréciation des différences des séquences d’ADN est possible grâce à l’outil informatique.

Ce qui permet de remonter à l’ancêtre commun, tous les individus descendant d’un même ancêtre sont regroupés en « clades » ou « lignées , des relation,s sont établies entre les différents clades pour construire un cladogramme

L’abandon des remarques pertinentes de J.J.Rousseau

En effet le platane est dans le même clade que le lotus tous les deux un grain de pollen à trois pores, ce qui les place dans les eucotylédones , ordre des Protéales et la famille des Platanacées et des Nelumbonacées et le lotus se trouve séparés du nénuphar !!!!!!quel aurait été l’ étonnement pour J.J.Rousseau

D’après la bibbliographie de J.J.Rousseau de Guy Ducourthial.

 

Joseph Dombey

DSCN0155 DaturaJoseph Dombey 1742-1794

Un explorateur passionné lors de son expédition au Pérou et au Chili

… “je serai le plus heureux des hommes d’habiter les belles montagnes où je me trouve.” écrit-il à Jussieu

Joseph Dombey issu d’une grande famille de Pont de Veyle (département de l’Ain) est né à Mâcon du mariage Marie Carra et de Jean-Philibert Dombey le 22 Février 1742. Il est le dixième enfant d’une famille de quatorze. Orphelin à quatorze ans, il est élevé par son oncle curé de Montagnieu en Dombes et chez sa tante Marie-Alexandrine Hoste, la veuve du chirurgien Jean Dombey.

Après des études chez les jésuites il entre à la célèbre faculté de Montpellier, où il est reçu docteur le 3 juillet 1767. Dombey passionné de botanique délaisse la profession de médecin. Il herborise dans les Pyrénées dont la flore est mal connue à cette époque, et dans les Alpes dauphinoises où il rencontre Jean-Jacques Rousseau. A partir de 1772, à Paris il se lie d’amitiés avec des naturalistes célèbres, Antoine-Laurent de Jussieu, Thouin, Bernard. Il continue ses explorations dans le midi de la France et le Jura.

En 1776 le ministre Turgot lui propose de poursuivre les découvertes botaniques du Père Feuillée au Pérou. Le Père Feuillée (1660-1732) a été le premier à explorer le Pérou et le Chili, sous l’ordre de Louis XIV, de 1708 à 1711. Il rapporte de cette mission un certain nombre de descriptions de plantes. Le 27 Août 1776, Joseph Dombey reçoit de Louis XVI le titre de Botaniste du Roy et accepte la mission pour le Pérou, colonie espagnole. Il se rend à Madrid pour demander au roi d’Espagne, Charles III l’autorisation de cette expédition, il est accueilli avec tous les honneurs mais il fait face à des oppositions. Pour le professeur du Jardin Royal de Madrid, Gomez Ortega cette mission revient aux espagnols et non aux français, par conséquent,elle sera conduite avec deux botanistes espagnols Hipolyto Ruiz et Joseph Pavon, deux dessinateurs, Joseph Brunette et Isidore Galvez et le gouvernement espagnol se chargera de répartir les plantes récoltées avec la France, et avec l ‘obligation de rester ensemble jusqu’à la fin de la mission.

Le départ a lieu le 5 novembre 1777 à bord d’El Péruano, un des meilleurs bâtiments de toute l’Espagne commandé par Cordova Ramos, un des meilleurs marins. La traversée dure quelques 5 mois, et le 9 avril 1778, El Péruano jette l’ancre à Callao.

Faisant abstraction aux querelles, J.Dombey se concentre sur les plantes découvertes que les indiens utilisent pour se soigner, aux croyances, aux pratiques médicales. Il n’oublie pas de mettre dans ses bagages … « des graines, des fruits pour semer en Europe … afin de rendre d’une main à ces braves indiens ce que leur prendrait de l’autre…»

L’étude de la Cannelle du Pérou est l’un des points importants de sa mission,elle n’est pas la Cannelle de Ceylan…« on ne pouvait espérer la porter par la culture au degré de perfection de celle qu’exploitent les hollandais… » IL s’agit d’une autre espèce : Ocotea quixos (Lam.) Kosterm ou en synonymie Laurus quixos Lam. et qui n’est pas Cinnamomum verum J.Presl., le cannelier de Ceylan. Toutes deux de la famille des Lauracées. Son écorce produit des bâtons au parfum de cannelle mêlé à celui de la vanille. Les espagnols l’apprécient en gastronomie, surtout en la mélangeant au chocolat chaud avec du poivre. A Quitto et Santa-Fé le calice , en terme d’apothicaire, flor de canela, ou le calice de la fleur est utilisé pour ses propriétés médicinales. Avant d’en informer le Docteur Joseph de Galvez, ministre des Indes, il prend le soin de se faire envoyer quelques feuilles de la Cannelle de Ceylan d’un herbier du Muséum de Paris et afin de faciliter la comparaison avec la Cannelle du Pérou,«…il est utile et intéressant de lever tous les doutes sur un objet de cette importance, afin que le gouvernement espagnol sache à quoi s’en tenir lorsque des particuliers voudroient faire quelques entreprises qui seroient coûteuses et inutiles à l’état…»

En allant de Lima à Huanucco, J.Dombey après la traversée des champs de Canne à sucre et de Café il découvre les forêts « …l‘impénétrabilité des forêts et le danger des tigres et des serpents, cependant nous le faisons avec plaisir pour voir la coca, la cascarilla, le cacao et tous arbres qui produisent des résines et des gommes”.

Le premier Quinquina, la cascarilla , l‘« arbre à fièvre » fut découvert dans la province de Loxa,et dès 1663, les jésuites utilisent l’écorce pour soigner la malaria. J.Dombey fait la découverte à Huanuco de nouvelles espèces de Quinquina , et s’en réjouit …« On commence à en apporter à lima et si l’ Europe le trouve aussi bon que celui de Loxa ce sera une richesse pour cette province et une nouvelle branche de commerce commence pour Lima… ». Il y a le rouge : Cinchona pubescent Vahl., le plus riche en quinine, celui qui est introduit à Ceylan par les anglais, le gris : Cinchona officinalis L. celui de Loxa, le moins riche en quinine et le jaune Cinchona calisaya Wedd. Comme à chaque fois Il fait part aussitôt de ces variétés au ministre des Indes, Mr. De Galvez.

Les lianes de Coca s’enroulent autour des grands arbres de Quina-quina…« c’est une plante faible qui s’entremêle aux autres plantes à peu près comme le Sarment… Les indiens la mâchent après l’avoir mêlée avec de la craie ou terre blanche qu ‘ils nomment Mambi. … Ils prétendent que le jus de la Coca les rend vigoureux … qu’elle raffermit les gencives et fortifie l’estomac…. ». Dombey se rend compte que cette Coca n’est pas l’espèce Erythroxylum havanense Jacq. mais une espèce du Pérou Erythroxylum coca Lam. … ». La meilleure est celle qui croît près de Cuzco, les indiens cultivent aussi la Coca, Dombey avait écrit un mémoire sur la Coca , afin de maîtriser sa culture en Europe car cette espèce se propage par graine et difficilement par bouture.

La petite graine de Quinoa ne le laisse pas indifférent « …d’après le père Feuillé “ il serait intéressant de le répandre en Europe. Les montagnes qui produisent le quinoa ont la température du printemps de Paris. Cette graine cultivée en France coûteroît moins cher que le riz. On ne saurait multiplier les choses utiles au bien de nos semblables… ».Les conquérants espagnols ne voient aucun avenir dans le quinoa qui n’est pas une céréale, qui doivent être lavé avant d’être utilisé et qu’en l ‘absence de gluten, la farine n’est pas panifiable. J.Dombey, prépare un envoi de graines en France, mais le succès de Chenopodium quinoa Willd. en Europe attendra le XX° siècle. Il avait remarqué la variété aux graines blanches et celle aux graines rouges, cette dernière en décoction prévient des ecchymoses. (Pour en savoir plus, Une graine sacrée, le quinoa de Didier Perreol éditions Jacques Marie Laffont)

Il découvre un arbre de 40 m de haut, le Balsa d’Amérique, Ochroma pyramidale (Cav.ex.Lam.) Urb., les indiens en font des canots légers pour traverser les fleuves. Le fruit, une capsule libère des graines pourvues d’une multitude de poils élastiques et fins utilisés à Cuchero pour fabriquer des oreillers, des matelas.

Le Cèdre de Guayaquil,J.Dombey projette un avenir dans la confection des meubles et la construction navale sur cet arbre, à la silhouette étalée, au feuillage finement découpé, apportant à lui seul un décor dans un grand parc comme à Lima, il s’agit de Cedrala odorata de la famille des Méliacées, avec un bois rouge acajou et parfumé.

A Pampa-Hermosa, J.Dombey est curieux de trouver cet arbre appelé “Chibou” qui donne aux indiens un morceau de gomme élastique, c’est le Gommier blanc, Dacryodes excella Vahl., d’une incision du tronc s’écoule une gomme blanche, inflammable, parfumée, utilisée comme cicatrisant. Le tronc sert à faire de grandes pirogues.

Il ne retrouve pas le Thé de Lima qui est une Capraire, Capraria biflora L., ou Capraria lanceolata Vahl., utilisé du temps du père Feuillée. Ce thé est médicinale aux propriétés anti-diarrhéiques, et analgésiques. Ce thé est remplacé par le maté du Paraguay, qui est un houx, Ilex paraguariensis , mis à la mode à Lima par les jésuites, qui tirent un certain profit de la vente et de la culture. Les feuilles de maté sont torréfiées, pulvérisées et infusées dans l’eau chaude, et cette boisson est stimulante, tonique, diurétique, contient de la caféine et théobromine. J.Dombey recherche un succédané dans la flore locale, il suggère le “Manglillo, un arbuste qui est abondant à Lima, à l’aspect d’un laurier cerise donnant de petits fruits ronds. Ces compagnons de voyage H.Ruiz et J.Pavon lui dédient le genre mais J.Dombey préfère une dédicace à Duhamel du Monceau sous le nom Duhamelia manglillo, le nom légitime est actuellement Myrsine manglilla (Dombey ex.Lam.) R.Br. de la famille des Primulacées.

La plante apéritive et purgative est Gratiola peruviana L.de la Famille des Plantaginacées.

Autour des arbres s’enlace le Figuiers étrangleur, Figus insipida Willd., le «Mata-palos » qui exsude une résine qui soigne les hernies et qui est vermifuge.

De Tama à Huara-huasi les indiens soignent leurs fractures avec des cataplasmes de“Vira-Vira” un Gnaphalium cheiranthifolium Bertero ex Lam., qui exhale un parfum de noix de muscade, cette plante est riche en huiles essentielles. Mais J.Dombey met en garde contre l’emploi de ces plantes riches en huiles essentielles “…une trop grande confiance dans leur efficacité… elles n’ont un bon effet que lorsque la maladie est légère alors la nature fait tout et le peuple partout ignorant crie au miracle. J’ai vu de très mauvais effets de l’application et de la décoction de toutes ces plantes dans les cas graves.”

Près de Lima l’“Hierba santa” du Pérou qui figure sur les timbres correspondant à Cestum auriculatum L’Hér.,de la famille des Solanacées est considérée comme pectorale diurétique et combat le mal vénérien. Elle est une plante médicinale anti-inflammatoire et analgésique.

A Huara sur un désert de sable, les petites montagnes au bord de la mer sont couvertes d’une plante plus urticante que l ‘ortie d’Europe, l’l’Hierva de la santiasima Trinidad” Loosa urens , qui correspond à Otholobium pubescens (Poir.) J.W.Grimes , plante des légumineuses qui soigne le diabète, les angines,

Il découvre une Solanacée envahissante et toxique, Solanum maritianum Scop. surnommé “Morelle laineuse” ou “Tabac marron” ses feuilles ressemblent à celles du tabac, une laine végétale de la couleur de la toison des lamas, issu d’un cierge épineux, Lasiocereus fulvus F.Ritter, l’”Saya-saya,” qui est Erigeron bonariensis L. (Devenue en Europe plante invasive!!!)

J.Dombey est très sensible aux plantes décoratives , comme cet arbrisseau “le Floripondio” aux fleurs en clochettes suspendues à l ‘extrémité des rameaux, très cultivé en Europe le Brugmansia arborea (L.) Steud.ou en synonymie Datura arborea L. Il fait connaître aux européens La verveine à odeur de citron , Aloysia citriodora Palau ou Verbena triphylla L’Hér. dont les feuilles sont utilisées en tisane, les Alstroemères Bomarea salsilla (L.) Mirb. ou Alstroemeria salsilla L….et bien d’autres

En 1781, J.Dombey arrive au Chili, pourtant atteint du scorbut «…je vous fais part de mon heureuse arrivée au Chili….je suis dans le pays des Myrtes, des Lauriers » Il doit vaincre aussi la peur du moment des tremblements de terre, il reprend les déterminations du Père Feuillée, dont le «Macqui», le «Panke», le «Lithi», le «Boldo»

Le “Macqui” «…cet arbrisseau produit un fruit acide dont on fait un vin qui étant administré dans les fièvres malignes fait un excellent effet. Il m’a beaucoup servi dans la peste du Chili » . La peste fait 14000 morts dans la ville de Conception. J.Dombey en tant que médecin soigne les personnes atteintes, il utilise cette boisson obtenue à partir des fruits de l’Aristotelia macqui L’Hér., ou l’Aristotelia chilensis (Molina) Stuntz, Dombey obtint de nombreuses guérisons de la peste et le maire de Conception voulut le garder et lui offrir en mariage une jeune fille fort belle et fort riche. Mais il refusa afin de poursuivre sa mission …« la douce satisfaction d’ être payé de ses soins par les larmes des pauvres qui le comblaient de leurs bénédictions..; » Accepter lui aurait permis de sauver son travail, d’envoyer en Europe les plantes, les graines. Il n’aurait pas été témoin en France de la terreur et de sa barbarie. Actuellement les fruits du Macqui, sont des baies astringentes, aux propriétés anti-oxydantes, ils sont les « raisins chiliens » qui ont du succès, ils participent au brassage de la chicha.

Il fait connaissance avec le Boldo, Peumus boldo Molina si les feuilles à l’arôme boisé sont utilisées à des fins culinaires, elles ont des propriétés médicinales qui stimulent la vésicule biliaire.

Le «Lithi», dont les marins du père Feuillée furent victime de sévères dermites, est retrouvé et c’est Lithraea caustica (Molina) Hook. & Arn. famille des Anacardiacées, offre un magnifique et large feuillage, avec une interdiction de dormir dessous, des branches donnant un bon charbon et des bonnes courbes pour les vaisseaux. A côté pousse le « Maiten» dont la sève est un contre-poison de celle du Lithi. Il s’agit du Maytenus boaria Molina. Famille des Célastracées, J.Dombey en a pris connaissance à partir de leurs fruits et il dut attendre le retour du printemps pour assurer la détermination Sur les collines et plaines de Coquimbo à Aranco exposées au soleil J. Dombey avait reconnu une Euphorbiacée déclenchant des dermites bulleuses, le « Mancenillier », Hippomane mancinella L.

Le “Coquil-baquil” signalé par le Père Feuillé est déterminé par l’équipe, il est une plante grimpante dont les fruits sont comestibles et les branches souples sont utilisées pour faire des liens, ne sera pas dédié à Thouin,son ami et maître du jardin du Roi et se nommera Lardizabala biternata Ruiz & Pav., afin de suivre les consignes du grand maïtre Linné “ de ne dédier les plantes qu’aux botanistes qui s’en sont rendus dignes par leurs travaux et leur savoir …Volkamaria verticillata Ruiz & Pav. devient selon ce principe Rhaphithamnus spinosus (Juss. ) Moldenke de la Famille des Verbénacées, un bel arbuste … propre à faire de belles haies.

Une plante fort utile “le Quillay”, Il trouve la plante qui dégresse la laine grâce à sa saponine, Quillaja saponaria Molina.

De Saint Jacques à Coquimbo J.Dombey découvre un arbre produisant une résine aussi excellente que celle d’Arabie et il envoie de la résine, il s’agit vraisemblablement de Myroxylon balsamum (L.)Harms de la famille des Fabacées, résine qui entre dans la composition du baume du Pérou.

J.Dombey reçoit tous les honneurs du roi d’Espagne Charles III, quand il découvre et lui fait connaître le Pin d’Araucanie, poussant au Chili, un fût droit, un bois solide, il participe à la construction du mât du Saint Pierre d’Alcantara au chantier de Talcahuano. Ce pin a porté de nombreux noms, le légitime en date Aruncaria araucana (Molina)K.Koch synonymie Aruncaria imbricaria Pav.

Le 8 février 1784 J.Dombey est atteint du “Bicho” , “la maladie des vallées”, la maladie d’un grand nombre d’indiens et d’espagnols qui accusent les fruits du Physalis pubescent et d’un piment Solanum lycopersicum mélangés aux aliments, qui cependant ravagent les intestins. En fait il démontre qu’il s’agit d’une maladie parasitaire due à une araignée qui s’enfonce sous la peau.

J.Dombey est à la recherche de ces arbres qui produisent du caoutchouc, il trouvera un Hévéa Hevea brasiliensis seulement il cueillera un échantillon d’un arbre femelle.

1789 retour en France, J.Dombey malade rompt son contrat de rester jusqu’à la fin de la mission avec Ruiz et Pavon, ces derniers continuront les quatre années restantes.

1794, Surpris par la Révolution, il s’embarque pour l’Amérique, mais il sera attaqué par des corsaires et emprisonné sur lîle de Montserrat où il décède en 1794

D’après sa correspondance relatée dans

Joseph Dombey , médecin, naturaliste, archéologue explorateur du Pérou et du Chili

sa vie et son œuvre, sa correspondance par le docteur E-T. Lamy

Publié sous les auspices de l’Association française pour l’avancement des sciences et_è de M.Le Duc de Lobat

1798 publication de cette flore dans la Flora Peruviana et Chilensis de Ruiz et Pavon en 1798

Biblio : les arbres voyageurs d’Andrée Corvol

Joseph Dombey , une vie pleine de cactus éd.Fayard 1999

Ci -joint les parts d herbier de J.Dombey au Jardin Botanique de Lyon Parc de la Tête d’Or.