La Cueille Chênaie-charmaie

Chênaie-charmaie à chêne pubescent sur le sentier de La Cueille

Cette Chênaie se dévoile juste après la plantation de Pin noir d’Autriche, Pinus nigra.

Le sentier : Les Roches part du château de la Cueille et longe la crête passant d’une altitude de 342 m à 571 m. dominant la rivière d’Ain.

Les gorges de la rivière sont creusées dans le calcaire jurassique (Oxfordien) : un calcaire sub-lithographique, avec quelques bancs de calcaire marneux déposé dans une mer profonde et chaude, il y a quelques de -225 MA à -130 MA. La mer se retire, il y a quelques -65 millions d’années et les dépôts calcaires épais subissent l’érosion, et vers – 54 millions d’années, pendant le tertiaire, le soulèvement des Alpes plisse et fracture ces strates de calcaires, c’est la naissance du Jura. Ce Jura méridional surplombe l’effondrement de la Bresse.

Sur ce calcaire massif, mise en évidence par le soulèvement des Alpes, s’installe une végétation xérothermophile, une végétation à tendance méditerranéenne très typique.

Les pentes en direction de la rive gauche de la rivière d’ Ain, de 350m à 250 m sont colonisées par le Buis toujours vert, Buxus sempervirens L., accompagné du Charme Carpinus betulus L., et du Chêne pubescent, Quercus pubescens Willd. Ce dernier caractérise les stations chaudes les terrains calcaires. Il est xérothermophile. Souvent il est remplacé par une plantation de vignes. Les feuilles ont une face inférieure aux poils mous de même les jeunes rameaux, les lobes sont ondulés il est adapté à la sécheresse, et supporte le gel, son feuillage est marcescent, il persiste l ‘hiver. Le Laser siler ou Sermontain, Laserpitium siler L.forme des bordures, plante xérophile, indicatrice du sol calcaire, apparaît à partir de 500 m, et la Centaurée, Centaurea jacea L., la Sarriette à feuilles de menthe ,Calamintha menthifolia Host. L’atteinte des Buis par la pyrale, réduits à des squelettes (papillon chinois) permet de contempler la rivière, le barrage de l’Allement.

Le Chêne sessile, Quercus sessiliflora, avec le Charme, Carpinus betulus représente la strate arborescente, accompagnée d’un cortège d’arbustes thermophiles et aimant les terrains calcaires : Genévrier Juniperus communis, Viorne lantane, ou V.mancienne, Viburnum lantana L., Prunier de Sainte-Lucie, ou Bois de Ste Lucie, Prunus mahaleb, Coronille émérus, Hippocrepis emerus (L.) Lassen, Cornouiller sanguin Cornus sanguinea,au feuillage rouge cuivré lors d’une arrière saison chaude, Troène commun, Ligustrum vulgare L. , Alisier blanc, Sorbus aria (L.) Crantz, indicateur de sécheresse, Poirier sauvage, Pyrus pyraster Burgsd., Sorbier des oiseleurs, Sorbus aucuparia L., Clématite blanche, Clematis vitalba L., Noisetier, Corylus avellana L., Érable commun, Acer campestre, Érable à feuilles d’obier, Acer opalus Mill., indiquant une altitude de 500 m, Camérisier ou Chèvrefeuille des haies, Lonicera xylosteum L., Aigremoine eupatoire, Agrimonia eupatoria L.,Daphne lauréole, Laurier des bois, Daphne laureola L., espèce sub-méditerranénne, des bouquets de fougères thermophiles, Polystic à dents sétacées, Polystichum setiferum (Forssk.) Woyn., , Solidage verge d’or, Solidago virgaurea L. qui caractérise un boisement calcicole pauvre en calcaire actif, voir présence dans les chênaies acidophiles.

 La présence de marne et calcaire marneux sur un milieu humide se manifeste par la présence de Succise des prés, Succisa pratensis Moench, la Molinie, Molinia arundinacea Schrank, Garance voyageuse, Rubia peregrina L., Nerprun purgatif , Rhamnus cathartica L., Peuplier tremble, Populus tremula L.

Cette Chênaie-Charmaie à Chêne pubescent sans valeur économique est reboisée en Pin noir, ou cultivée en vigne si l’exposition est bonne. Ce qui se passe à La Cueille.

Le printemps s’annonce par la floraison des Violettes de Mars, Viola odorata qui exhalent  un léger parfum , et se montrent jusqu’ à la fin avril. Le squelette des buis atteints par la pyrale est couvert de mousses donnant un paysage étrange. Dans les trouées se distingue la floraison jaune de l’Érable à feuille d’obier.

 

Le Château de La Cueille appartenait à un grand domaine, appelé le « Clos du château », entouré d ‘un mur en pierre de taille, et l’accès se faisait par deux portails en fer forgé. 100 hectares de vignobles s’étendaient sur une pente à 60%, sur un calcaire sub-lithographique. En 1870 le vignoble fut atteint du phylloxéra. Les ceps malades furent détruits et replantés par des Pins noirs, Pins noirs d’Autriche. En 2012, le propriétaire du château vend 5 hectares du « clos du château à un viticulteur. Les pins noirs sont extraits du terrain et la vigne plantée (Le Progrès 20 mars 2015).