Les étangs et son cortège floristique

Les étangs de la Dombes et leur cortège floristique

Une impression de nature intacte

Une nature façonnée par l ‘homme

il y 20 000ans en se retirant les glaciers alpins laissent un relief de creux et de bosses en laissant des moraines et des cailloutis glaciaires. Pendant le réchauffement le vent apporte un limon calcaire très fin, le loess, et puis le climat devient humide, la pluie lessive et décalcifie le loess qui se transforme en lehm, une terre argileuse, blanche, un véritable béton. Dans les multiples dépressions devenues marécageuses, les leschères poussent des herbes coupantes, les carex ou laîches appelés en Dombes « Cariots » du latin cariosus signifiant pourri. De ces leschères font naître les 1000 étangs. En 1930 Marguerite d’Oingt épouse d’Humbert V de Beaujeu, fondatrice de la Chartreuse de Polleins sur l’actuelle commune de Mionnay fait évoluer les leschères en étangs pour élever du poisson tout en respectant les règles d’abstinence de l’église. Ils sont alimentés par l’eau de pluie , ils sont en communication les uns avec les autres, la profondeur ne dépasse pas le mètre 50.

Le travail de ces étangs considérés comme des terres cultivées se résume par deux mots évolage et assec . Pendant deux ans, la terre est « cultivée en eau et semée de poissons » c’est l’ évolage. Après la pêche pendant une année la terre est mise en culture avoine, ou laissée aux herbes sauvages, c’est l‘assec. L’ évolage peut durer plus longtemps au détriment de l’assec, mais ce dernier est indispensable pour la désinfecter sous le soleil.

Les étangs issus des leschères se reconnaissent à leur contour

Une flore au rythme de l’évolage et de l’assec.

Sur l’eau et dans l’eau pendant l’ évolage les hydrophytes

Ce sont des plantes qui ne peuvent se passer d’eau, bien qu’appartement à des familles différentes elles partagent les mêmes caractéristiques, des convergences de formes.

Hors de l’eau, l’appareil végétatif devient flasque, car le parenchyme n’a pas de tissu de soutien et possède de nombreuses lacunes aérifères où s’accumulent l’oxygène de la photosynthèse ou le dioxyde de carbone, le tissu conducteur est réduit, le système racinaire inexistant, les feuilles laciniées assurent la flottaison, les fleurs sont protégées par une spathe, un étui étanche qui s’ouvre hors de l’eau. Elle pratiquent la multiplication végétative, soit un bourgeon terminal, l ‘hibernacle se gorge de réserve , s’alourdit et tombe dans la vase et attend les meilleures conditions de vie pour se développer, soit un rhizome riche en substances nutritives.

Sur l’eau les feuilles sont vernissées, ont une forme arrondies pour prendre contact avec l ‘eau, une face supérieure vernissée. Les stomates sont localisés à la face inférieure. La floraison est hors de l’eau.

Sur les grèves, dans l’étang en assec sont adaptés les Hélophytes. Le cycle de végétation est très court, les fruits et les rhizomes font des séjour très long dans la vase, l’asséchement les réveillent. Ils sont le témoin d’une culture originale. C’est le cortège de la « fleur de béton ».

L’étang est ceinturé par des hélophytes, qui vivent en groupe et formant les Roselières installées dans la zone de balancement des eaux. Les tiges souterraines tissent une trame solide retenant les sédiments et qui progressent vers le centre, et sans intervention de l’homme l’étang est étouffé, c’est l‘atterrissement.

Pour découvrir l’organisation de l’étang s’impose

La partie la plus profonde de ‘étang se repère par le thou, une construction en béton, initialement en bois, le thou permet la fermeture, la vidange de l’étang selon les besoins. Le thou est situé sur une digue  étanche, la chaussée. Au moment de l’assec serpente un fossé plus ou moins rempli d’eau, le bief, il représente la ligne la plus basse de l’étang.  Devant le thou une cuvette profonde remplie d’eau même au moment de l’assec , la pêcherie, de 10 sur 20 mètres. dans certains étangs en assec les tiges de maïs sont visibles.

La grève des étang en eau est ourlée d’une bande verte du Carex bohemica.

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Les étang en évolage avec les casiers d’alevinage.

Caractéristique d’un étang type le Grand Turlet.

Le lehm où poussent les plantes hélophytes les plus caractéristiques.

Le Lotier velu des étangs de la Dombes, son histoire

Le Lotier de la Dombes, un Lotier adapté à l ‘évolage et à l’assec

Un mystère autour du Lotier de la Dombes

Le Lotier de la Dombes a été souvent appelé Lotier velu, Lotier des marais en botanique il correspond à Lotus Uliginosus Schkuhr. et actuellement Lotus pedunculatus Cav. Ce n’est pas le Lotier corniculé. Il affectionne les terrains humides, gorgés d’eau pour cette adaptation il se plaît dans les étangs de la Dombes en bordure. Sa graine a besoin d’un séjour dans un sol argileux gorgé d’eau, la période d’évolage lui convient parfaitement, sa germination est déclenchée par l’assec, l’asséchement de l’étang principalement après le labours qui apporte de l’oxygène.

La première exploitation de cette graine a été réalisée à Chalamont où les exploitants se seraient enrichies!!!!puis cette spéculation s’est étendue à l ‘ensemble de la Dombes. La récolte des graines se faisait fin juillet. (A. Chevassus 1930)

Cette histoire de l’utilisation du Lotier velu de la Dombes a soulevé de nombreuses questions, vente, utilisations, déclarations….

En 1930 le Préfet de l’Ain envoie un courrier au Ministre de l’Agriculture

a la suite de réclamations qui me sont parvenues au sujet de la cueillette et de la vente du lotier des marais dans mon département …. je vous fait part des hypothèses de l’utilisation du lotier…… fabrication de matières colorantes, fabrication de la bière donnant l’amertume, vente de la graine à la place du lotier corniculé (explication la plus plauxible) , utilisation de la fabrication des gaz asphyxiants….

Le ministre répond …..elles ne peuvent être confondues avec les graines du Lotier corniculé parce que de couleur verte et non brune et beaucoup plus petites…..Quand à leur utilisation possible dans la fabrication des gaz asphyxiants il s’agit là d’une légende qui s’est formée pendant la guerre …….les graine de Lotier des maras récoltées dans les terres humides des Dombes sur des plantes venues à l’état spontané se vendent actuellement 30 à 40 francs le kilogramme pris sur place.

(Archives de l’Ain 1930)

Le Lotier corniculé Lotus corniculatus est cependant une excellente plante fourragère.

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